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2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 19:45
Le vide est aujourd'hui le pire ennemi de Sarkozy. Le vide affectif qu'il faut s'empresser de combler pour faire bonne figure. Trouver la femme fatale qui fera parler plus que de raison sur un sujet insignifiant et ... vide.
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Merci à Chimulus

Mais aussi le vide existentiel d'un homme qui n'a jamais compris ce que l'introspection peut vouloir dire.  Sans doute car l'abysse devant lui  le ferait chuter, sans rattrapage possible au string le plus proche.


Surtout ne pas regarder, des fois que l'on se fasse peur avec une existence qui se limite à celle d'un tube digestif amateur de rolex et de Bling Bling.

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Merci à Giemsi

Le vide politique enfin. Celui d'un programme en courant d'air, d'idées en toc, de projets achetés en promo à un camelot de foire poussif et sur le retour. La rupture c'est la continuité d'une forme de néant ou le son et l'image sont coupés au profit d'une trogne ramenée au rang d'icône : je suis le plus beau (pas le plus grand mais j'ai des talonettes bien pratiques) et surtout celui qui peut sauver son pouvoir d'achat mal en point. Le travailler plus pour gagner plus ne concerne donc qu'une personne. Soi-même. La réforme pour moi tout seul. Le projet qui sert ma cause. C'est une révolution politique depuis l'age de pierre : seul contre tous pour disposer du plus beau jambon et de la plus belle reproductrice.

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Merci à BigouFakes

Faut il parler des réformes gesticulations médiatiques déjà enterrées ou naufragées avant même d'avoir pu bercer d'illusions celui  qui dispose encore de quelques neurones qui se touchent ?

Le service minimum promis pour le 1er janvier 2008 n'est pas en service ! Et s'il l'est un jour il aura l'efficacité de l'homéopathie sur la maladie : nulle (les amateurs de sornettes homéopathiques vont s'élever en faux  et conspuer Sarkophage !).

Continuer à énumérer les bouillons pathétiques d'un aspirant pipole improvisé en guide suprême de la nation tourne à la farce pathétique (qui a dit pathologique !)

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Merci à Placide
   Sarkostique le sarkozy blog officiel satirique

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Ecrit par Sarkophage avec Sarkostique anti sarkozy - dans Les casseroles de Sarko
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commentaires

Marcel ASSER 05/01/2008 09:03

Pas mal, même si c'est outrancier.
Car si Sarko se permet de faire, effectivement, tout ce que vous dénoncez à juste titre, c'est qu'il n'y a plus d'opposition véritable et plus de syndicat crédible.
Sarko ne fait qu'exploiter, avec beaucoup de cynisme, l'espace "libre" qu'on lui a offert.
Quant aux chomeurs "professionnels", même s'ils ne constituent qu'une infime minorité, ils existent réellement, j'en ai rencontré.
(Je suis retraité après avoir travaillé plus de 26 ans dans l'industrie).
Quand on discute avec eux, c'est à vous dégoûter d'aller au travail, de croire à ce qu'on fait, d'être fier de participer, modestement, à la marche de l'économie.
Critiquer (comme vous le faites), c'est bien mais, personellement, je préfère encore dépenser mon énergie à essayer de convaincre les jeunes générations qu'il y a du plaisir à se lever tôt pour travailler, s'épanouir, chercher à améliorer le monde pour que celui-ci tourne un peu plus rond.
Les hommes politiques sont à notre image. Et comme je ne m'estime pas entièrement pourri, eux non plus ne doivent pas l'être entièrement.
Sarkozy, c'est comme le cancer: le pire n'est jamais sûr...
Marcel ASSER

Alex 04/01/2008 21:25

Peu importe ce qu'ils contiennent(et la plupart du temps, je n'en perds pas à les lire), mais les longs copiés-collés bah moi ça me fait chier...

Sarkophage 04/01/2008 12:46

Et pour faire réponse au Psychopathe qui nous pollue les commentaires car son fond de commerce est sans doute en danger, voici une analyse scientifique et qui n'est pas sponsorisée par un labo intéressé aux bénéfices de cette jolie escroquerie intellectuelle :


En 1790 un médecin allemand, Christian Friedrich Samuel Hahnemann, scandalisé par les pratiques médicales médiévales de ses contemporains, notamment les saignées, les diètes et vomitifs toxiques, se mit en tête de révolutionner la science médicale. Il écrivit plusieurs livres reposant sur ses propres expériences comme la Matière médicale, mais dont le plus connu est sans aucun doute l'Organon ou l'art de guérir (1810) dans lequel il évoque aussi les massages, le magnétisme animal, l'hydrothérapie, l'électrothérapie, et l'hygiène (mentale et sexuelle), tout en posant les fondements de ce qui deviendra la médecine homéopathique. Ses livres et ses enseignements forment toujours la base et la principale substance de l'homéopathie de nos jours. Partant d'une pratique clinique, Hahnemann construisit tout un système complet de prétendues lois naturelles (Hahnemann qualifiait ses théories de "lois de la nature") et mit au point une vaste pharmacopée de médicaments homéopathiques exposée dans un premier recueil Fragmenta de viribus medicamentorum en 1805.



Les principes


Le principe de base de l'homéopathie est la notion selon laquelle la santé et la maladie reposent sur le fonctionnement d'une "force vitale", la dynamis d'un Hahnemann alors porté sur les théories vitalistes, une énergie immatérielle présente dans tous les êtres vivants et responsable de tous leurs maux, de leur guérison et de l'efficacité des médicaments. Le fonctionnement de cette force vitale aurait un rapport direct avec la santé, car si cette force vitale venait à être perturbée, la maladie survient. La maladie est définie comme un ensemble unique et personnel de symptômes caractéristiques de chaque patient en particulier. L'homéopathie explique les causes de la maladie comme des agents perturbateurs de cette force vitale, et les différentes maladies sont regroupées en quelques catégories simples, présentant des profils de symptômes similaires. Hahnemann décourageait toute recherche de causes cachées intérieures, rejetant le matérialisme médical, et tout diagnostic des maladies.


La méthode diagnostique homéopathique est centrée autour de ce qui est appelé la "prise" du profil du patient. De façon idéale, ceci implique une investigation méticuleuse de l’environnement du patient, des conditions familiales, des antécédents, de la situation professionnelle et sociale, ainsi que tous les symptômes perçus par le patient et même par les personnes qui lui sont proches. Par symptômes, la pratique homéopathique se réfère à tout ce qui peut être perçu comme inhabituel.


Pour guérir, nous avons besoin de médicaments, comme l'homéopathie ne reconnaît que les symptômes interprétés comme des perturbations du bon fonctionnement de la force vitale, il s'ensuit logiquement que les médicaments sont eux-mêmes considérés comme des éléments pouvant entrer en conflit ou affecter cette force vitale, causant toutes sortes de symptômes. A partir de cette logique, Hahnemann divisa les médicaments en trois principaux groupes : antipathique, qui sont les médicaments causant des effets à l'opposé de ceux de la maladie (de anti=contre); homéopathique, qui sont les médicaments provoquant des effets identiques à ceux de la maladie (de homeo= identique) et enfin allopathique décrivant ceux ayant des effets qui ne sont ni identiques, ni opposés à ceux de la maladie (de allo=différent, autre)


En se basant sur une certaine pratique et sur sa logique, Hahnemann développa une théorie qu'il nomma "la loi de similitude". Selon cette théorie, un médicament causant des symptômes identiques à ceux de la maladie dépasseront la maladie, à tel point que la fonction morbide de la force vitale sera reportée sur le médicament, et non plus sur la maladie elle-même, comme les effets du médicament disparaîtront ensuite, le patient guérira. Ainsi, Hahnemann déclare que l'ensemble constituant les médicaments homéopathiques est le seul à pouvoir guérir réellement.


Afin de savoir quels étaient les symptômes que cause chaque substance, Hahnemann a recours à une approche purement empirique : il administre la substance à des personnes en bonne santé (dont lui-même) et en enregistre prudemment les effets. Ainsi, si une substance cause les symptômes de la migraine, c'est qu'elle doit être capable de soigner la migraine ! Cependant, ce n'est pas aussi simple, comme chaque maladie n'est pas seulement considérée comme un symptôme unique, mais comme un ensemble complet de symptômes considéré comme unique à chaque cas, l'effet d'une substance sur une personne en parfaite santé est rarement un symptôme unique et distinct, mais bien plutôt un ensemble de symptômes. Hahnemann enregistra tout ce que ses sujets sentaient pendant les essais comme étant la conséquence des prises de drogues, bien que les mesures pouvaient fort bien être faussées par le fait que les individus étaient susceptibles de sentir quelque chose n'ayant aucun rapport avec les substances avalées, mais dues à d'autres causes postérieures aux essais.


Les résultats de ses "recherches" ont été compilées dans un ouvrage intitulé la Matière Médicale, complété par la suite par ses disciples. Le traitement homéopathique est établi après que le profil des symptômes du patient soit évalué, puis vient ensuite la consultation de la Matière Médicale afin de trouver le médicament le plus approprié à l'ensemble de symptômes relevés, supposé être le médicament qui guérira chaque cas particulier.
Étonnamment, le médicament recherché sera celui correspondant au maximum de symptômes relevés chez le patient, comparés aux symptômes enregistrés pour la substance sélectionnée, mais ceux qui ont été relevés à propos de la substance choisie et qui ne correspondent pas au profil du patient sont ignorés. Pour expliquer cette lacune Hahnemann déclare que certains mécanismes sélectifs non explicités assurent que les bonnes propriétés du médicament sont activées. Ce tour de passe-passe est très pratique étant donné que la plupart des médicaments homéopathiques ont une liste de plusieurs symptômes, allant parfois jusqu'à plus de cent.


L'autre pierre angulaire de l'homéopathie est la potentialisation des médicaments. Certaines des substances de bases testées par Hahnemann sont toxiques et peuvent être causes d'effets au minimum déplaisants et au pire dangereux, voire se révéler être de véritables poisons. Manifestement, en dehors des tests plutôt risqués, il serait pour le moins expéditif d'ajouter aux souffrances de gens malades en leur donnant en plus des substances toxiques, surtout lorsqu'on sait que c'était exactement ce que Hahnemann reprochait à ses contemporains. Donc, il commença à diluer ses substances, utilisant une procédure spéciale de vigoureuses secousses qu'il nomma "succussion". Il mettait 1 mesure de substance brute dans une fiole et ajoutait 99 mesures de diluant (eau ou alcool) obtenant 1 Centésimale Hahnemannienne ou CH, après une bonne "succussion" l'opération est renouvelée en reprenant 1 mesure du mélange ainsi obtenu, pour de nouveau la diluer dans 99 mesures de diluant, opération répétée de nombreuses fois. Après n étapes, la dilution, ou puissance, résultante est appelée nCH. Des dilutions de 30CH, voire plus, sont fréquentes.
Certaines substances solides sont d'abord moulues pendant un long temps dans un mortier, parfois avec la dilution. Malheureusement pour Hahnemann, mais grâce aux avancées de la science, et surtout de la chimie, nous savons désormais qu'il y a un nombre limité de molécules dans toute substance, et que des dilutions supérieures à 12CH ne contiennent plus une seule molécule de substance originale. Néanmoins, Hahnemann s'arrangea pour enregistrer des symptômes présumés, causés non seulement par des versions diluées de substances déjà testées, mais aussi de substances qui n'avaient aucun effet même non diluées, comme par exemple le sable. Il conclut en disant que le processus de dilution purifiait et amplifiait en quelque sorte l'effet des substances, et il est vrai que pour les homéopathes, les plus hautes dilutions sont considérées comme étant les plus puissantes et les plus efficaces, allant complètement à l'encontre du savoir scientifique actuel, et surtout des connaissances en chimie.



Homéopathie et médecine conventionnelle


Les pratiques médicales à l'époque d'Hahnemann étaient donc en général assez déplorables. La compréhension des mécanismes, et des connexions, entre les micro-organismes et les maladies émergeait, mais la découverte de médicaments efficaces contre les maladies infectieuses ne se fera qu'au siècle suivant. Avec une utilisation des pratiques antiseptiques qui commençait à poindre, la chirurgie commençait tout juste à sauver davantage de vies qu'elle en éliminait, mais la pratique de tous les jours consistait surtout en des sangsues, saignées, lavements et différentes substances médicales médiévales qui nécessitaient d'avoir une santé de fer pour y survivre.


Hahnemann réagissait violemment contre ces pratiques, ses travaux sont emplis de cette rage contre les praticiens conventionnels qu'il qualifiait d' "allopathes". Les partisans de l'homéopathie moderne tendent à prendre le même chemin, ils perçoivent la médecine moderne comme mauvaise et dangereuse, contrairement à l'homéopathie qui est perçue comme la panacée, le remède idéal et de surcroît sans effets secondaires. On s'étonne même que ce poncif demeure en l'état de nos jours, car s'il existait et s'il était si facile de fabriquer des médicaments efficaces sans aucun effets secondaires, les grands laboratoires se seraient depuis longtemps jetés sur le filon, et les médecins les prescriraient en premier lieu.
Pour se parer d'habits savants, l'homéopathie est de nos jours une des seules pratique à encore manipuler avec tant d'ardeur le latin face au public. En effet, et cela contribue à ce que la placebothérapie soit plus performante, les noms des remèdes sont la plupart du temps restés en latin, dans le but d'en masquer la réalité à des patients non latinistes et pour qui le latin fait savant. Aussi s'émerveille-t-on de trouver au XXI° siècle dans la pharmacopée homéopathique des remèdes aux dénominations magiques telles que Pulex felis (puce de chat), Pediculus capitis (pou de tête), Mustela foetidia (glande anale de putois), Lumbricus terrestris (ver de terre), Periplaneta americana (blatte d'amérique) voire Saccharum lactis (le bon vieux lactose) qu'un marabout africain ne renierait pas.

Les bases scientifiques


Les dilutions : La principale critique que l'on peut faire de l'homéopathie vient du système des dilutions. Dans les préparations au-delà de 12CH il ne reste plus que du diluant, et même à des dilutions inférieures il est difficile de croire que le peu de molécules encore présentes aura un effet chimique. Les disciples de l'homéopathie ont une parade à ce doute plus que légitime, en arguant que le diluant transporte les effets de la substance originale, qu'il aurait une espèce de mémoire. Aucun mécanisme connu de la physique moderne n'est en mesure d'expliquer un tel phénomène, et aucune discipline scientifique au sein de la physique et de la chimie, n'a jamais été capable de faire la preuve d'un quelconque effet qui pourrait suggérer une eau (ou de l’alcool) ayant la mémoire de substances ayant été en son contact.


Pour ce qui concerne les médicaments homéopathiques, les déclarations sont claires : ces préparations auraient un effet distinct et perceptible lorsque prises par des personnes en parfaite santé. De ce fait, il doit être relativement facile de mesurer cet effet par des tests en double-aveugle contre placebo. En donnant à un groupe soit le médicament, soit un placebo, il devrait être possible de déduire de l'observation quel est le groupe ayant reçu le médicament homéopathique et lequel a eu le placebo. Un certain nombre de tests contre placebo ont été publiés, certains présentèrent un effet, mais d'autres aucun. Certaines études auraient même montré un effet supérieur au placebo. Généralement, ces tests ont, pour de multiples raisons, été conduites avec une méthodologie plus ou moins défectueuse, et les méta-analyses ont montré que plus la méthodologie était objective, plus les résultats étaient sans équivoques possibles, c'est-à-dire négatifs.



La Loi de similitude. : La "loi de similitude" est un peu plus complexe. Certaines maladies, qui ont des symptômes identiques, sont connues pour interagir entre elles, à tel point qu'une maladie peut en supplanter une autre. C'est ce que Hahnemann avait observé et c'est ce qui le poussa à développer sa théorie. Cependant, ces exemples peuvent être expliqués par différents effets. L'immunité acquise contre un micro-organisme peut tout à fait s'activer contre un autre apparenté (vaccine/variole), la réaction générale du corps peut être efficace contre plusieurs maladies (comme la fièvre par ex.), et l'attention peut ne se focaliser que sur un seul point (un faible symptôme qui n'a pas été remarqué, noyé par la présence d'un plus puissant). Hahnemann a listé un certain nombre d'autres exemples supposés soutenir la loi de similitude, mais ils sont pour la plupart très peu convaincants. Par exemple, il avait noté que l’éclat du soleil supprimait la lumière d'une lampe, non seulement nous savons ce qui se passe (et sans doute qu'Hahnemann le savait aussi), mais même si la lumière de la lampe n'est pas visible, elle continue de chauffer, et n'est pas éteinte par le rayonnement solaire pour autant. En tout cas, la science moderne n'a jamais trouvé d'indices indiquant l'existence d'une loi de similitude en tant que loi universelle et immuable.


L'homéopathie considère la maladie différemment de la médecine scientifique. La médecine se focalise généralement sur la recherche de la cause de la maladie, cette cause sera le but visé par le traitement, même si le symptôme exact peut varier d'un individu à un autre. Par contre, l'homéopathie considère chaque cas comme un ensemble unique de symptômes nécessitant un choix de médication particulier. Ainsi, deux patients avec la même maladie peuvent se voir prescrire différents médicaments par des homéopathes, qui auront diagnostiqué deux maladies différentes. Ce qui rend les tests plus compliqués à réaliser.


L'homéopathie affirme l'existence d'une force vitale ou d'un principe vital. Cette force vitale est, paraît-il, ce qui fait la différence entre une chose animée et une chose inanimée (bien qu'Hahnemann ne la considérait pas comme une âme), et est supposée être le régulateur supérieur de la santé. A l'époque d'Hahnemann, la connaissance limitée du fonctionnement du corps humain laissait de grands espaces vides permettant de conjecturer l'existence d'une telle force, mais comme nous avons depuis énormément progressé, grâce à la recherche, dans notre connaissance du fonctionnement interne des organismes vivants, nous savons que cette force vitale n'a aucune existence objective dans le monde physique. S'il avait vécu jusque là, Hahnemann aurait vu sa définition de la force vitale disparaître.



Pourquoi les gens croient que ça marche ?


L'homéopathie est une des thérapies alternatives les plus répandues, comptant des milliers de praticiens et des millions d'adeptes, d'abord attirés par le côté "économique" de la formule, encore que rapporté au prix de revient des médicaments (contenant du rien) le prix de vente reste exorbitant. Quels sont les arguments en faveur de l'homéopathie ? Pourquoi les praticiens et leurs patients y croient-ils en dépit de l'absence de bases scientifiques. ?


En premier lieu, l'homéopathie se donne des airs de science, avec ses livres de règles, de procédures complexes, son jargon. En second lieu, la méthode d'écoute du patient, enregistrant méticuleusement chaque symptôme vécu, des tas de détails de la vie du patient rendent les praticiens très sympathiques et très importants au yeux des patients qui se sentent beaucoup mieux après de telles confessions, davantage écoutés. Qui ne voudrait pas que son médecin généraliste prenne le temps de l'écouter un peu plus ? Ainsi, la prise en compte d'un cas particulier résultera obligatoirement par des conseils de bon sens utiles pour le patient (essayez d'être moins stressé, faites plus d'exercice, vous devriez vraiment perdre du poids, etc), voire des truismes.



Les témoignages.


Comme toute doctrine médicale, de la médecine moderne aux sorciers-guérisseurs, l'homéopathie peut produire ses histoires de guérisons, souvent des cas désespérés qui auraient été guéris miraculeusement par la pratique. Comme preuve de l'efficacité de la pratique, ces comptes-rendus anecdotiques sont très utiles, mais on ne peut s'empêcher de penser que tant d'histoires de succès, qui ne peuvent pas tous être des mensonges, font la preuve qu'il y a quelque-chose. Mais, le doute est permis quand seuls ces témoignages forment l'ensemble des preuves de la thérapie, Isabelle Strengers, dans Médecins et sorciers , définit à juste titre le charlatan comme "celui qui revendique ses guérisons pour preuves". C'est exactement ce qui se passe dans le cas de l'homéopathie (comme dans toutes les thérapies parallèles du reste), les témoignages, le nombre d'utilisateurs sont mis en avant pour parer aux reproches face à l'absence de recherches et d'études, ils servent d'arguments d'autorité et les vendeurs ou praticiens savent jongler avec.


Malgré tout, face à un témoignage, un certain nombre de points importants doivent rester à l'esprit : toute histoire peut n'être qu'une fiction, étant donné que l'homéopathie n'a pas recours à une méthode diagnostique éprouvée, un cas décelé de cancer peut ne pas être du tout un cancer. De nombreuses maladies bénignes ou chroniques disparaissent d'elles-mêmes avec le temps, sans qu'il soit besoin de médication. Le fait que certains patients aillent mieux après avoir pris une pilule homéopathique ne signifie pas que ce soit la pilule ingurgitée qui en soit la cause, même si l'effet placebo est puissant. Les patients consultent parfois aussi plusieurs praticiens, y compris leur propre médecin en même temps. N'oublions pas également que les anecdotes sont toujours sélectionnées par le praticien, parmi de nombreuses autres, et que jamais ils ne rapportent prudemment et soigneusement tous les cas rencontrés.



Les erreurs dues à l'observation


L'esprit humain est construit de façon à interpréter les stimuli en fonction de l'expérience et de ses attentes. Quand vous entendez un roulement sourd venant de l'extérieur, vous pouvez pensez que c'est de l'orage. S'il pleut, vous serez prêt à parier votre dernier kopek que c'est bien l'orage, mais si vous aviez enquêté, vous auriez peut-être découvert que c'est un gars dehors qui fait rouler un tonneau vide sur la route. Toute observation reste vulnérable aux biais inhérents à l'observation, et c'est sur ce terrain que l'homéopathie prospère. Dans l'Organon, Hahnemann décrit comment tester un médicament : "Pendant toute la durée de l'expérience, le régime doit être strictement régulé, il doit être exempt d'épices autant que faire se peut, nutritif et simple, les légumes verts, les racines et toutes sortes de salades, de soupes aux plantes (qui, même quand elles sont préparées soigneusement, possèdent des qualités médicinales) doivent être évités." En outre : "Il doit s'évertuer à faire une observation soigneuse de soi-même et ne doit pas être dérangé pendant cette période" Et : "Si les effets résultant de la dose administrée sont trop faibles, un peu plus de gouttes peuvent être prises quotidiennement, jusqu'à ce qu'ils deviennent plus sensibles et plus forts, afin que les modifications sur la santé soient plus apparentes"






Ainsi, vous prenez des gens "sensibles et irritables", les mettez dans des conditions propres aux tests, leur demandez de rapporter et noter tout ce qu'ils sentent et leur donnez des doses croissantes jusqu'à ce qu'ils sentent quelque-chose. Avec tous ces éléments en main, quelle est la probabilité qu'ils ne rapportent aucun symptôme ?
Mais ça ne s'arrête pas là. Après que les comptes-rendus aient été collectés, les chercheurs les étudient et décident lesquels sont assez intéressants pour avoir le privilège de composer la Matière Médicale.
Lorsqu'il traite un patient, le praticien homéopathe "étudie" son profil, puis prescrit des médicaments. Si ça ne marche pas, il "réétudie" le profil (parfois seulement en réévaluant ce qu'il avait fait précédemment), prescrit une nouvelle médication, et ainsi de suite. Beaucoup de cas étudiés peuvent ainsi compter jusqu'à 4 ou 5 médicaments différents, pendant une période s'étalant sur plusieurs mois, voire des années. Et quand le patient dit finalement qu'il se sent mieux, on considère le "traitement" comme efficace !


Autre exemple d'erreur que celle des homéopathes, interprétant les observations en trouvant des rapports causals là où il n'y en a pas. Par exemple, si certains effets apparaissent et semblent ressembler à ceux qui sont attendus du médicament, il est attribué au produit, même s'il apparaît longtemps après son administration. De même que les effets désagréables sont toujours attribués aux pratiques "allopathiques", comme les vaccinations, même des années plus tard. Pour résumer, tout ce qui est bon ou bien est attribué à l'homéopathie et tout ce qui est mauvais vient de la méchante "allopathie".



L'homéopathie comme système de croyance


Malgré l'absence de bases scientifiques fiables de l'homéopathie, il y a tout de même un certain nombre d'adhérents qui affirment que "ça marche", dès lors, il devient intéressant de faire une comparaison entre l'homéopathie et tout système de croyance classique, même si celle-ci ne restera qu'un exercice intellectuel, il peut réserver quelques surprises. En schématisant grossièrement ce qui compose un système de croyance, il est tout de même possible d'en lister ces principaux éléments :
Des écrits saints ou sacrés : les travaux d'Hahnemann remplissent parfaitement cette fonction, constamment utilisés comme référence et considérés comme Vérité Ultime (bien que certains reconnaissent qu'ils contiennent des erreurs).
Un prophète ou gourou : pas besoin d'aller bien loin, Hahnemann tient bien le rôle.
Des rituels : la préparation des médications est en soi un vrai rituel.
Des miracles : étant donné qu'il n'existe aucune explication physique/matérielle, i.e. rationnelle du fonctionnement des médicaments, leur "pouvoir curatif" ne peut être considéré que comme un miracle.
Des légendes : les anecdotes, témoignages, dont certains sont très anciens, font office.
Des dogmes : les notions de "profil", de "terrain", de similitude, de succussion (voire la mémoire de l'eau). S'il est possible de discuter d'un tas de choses avec des homéopathes ou les partisans de l'homéopathie, certains essayeront de trouver des justifications ou explications scientifiques à leur pratique et à la théorie, mais très peu, si ce n'est aucun, ne sera envahit d'un sentiment de doute à son sujet.
Une communion dans la foi : lors de discussions avec les homéopathes, vous noterez souvent comment qu'ils se soutiennent les uns les autres, et évitent toute discussion interne malgré des différences manifestes.


La communauté : A cause de sa solidarité et de son système fermé, presque sectaire, la communauté homéopathique semble plutôt homogène lorsque regardée superficiellement, mais elle est en fait relativement hétéroclite. D'aucuns prennent l'appellation d'"hahnemanniens" et adhèrent strictement aux écritures, les travaux d'Hahnemann. Ce sont ceux qui, habituellement, sont les plus opposés à la médecine, la considérant parfois à l'égale du mal absolu, ignorant ou dénonçant chaque découverte faite par la science biomédicale moderne.


Au milieu sont ce qu'on peu appeler les "révisionnistes", ils font reposer leurs idées sur Hahnemann, mais le considèrent plus comme un précurseur que comme un prophète. Ils étudient d'autres méthodes, et seront souvent plus ouverts face à certains points de la médecine orthodoxe. Dans ce groupe, beaucoup se débarrassent des minutieux et encombrants rituels.


Enfin il y a la "secte" des rationalistes. Ils veulent trouver des explications rationnelles aux théories homéopathiques, en théorisant au sujet des dilutions ou la mémoire de l’eau, glosant sur la piézoélectricité et la luminescence. Ils conservent tout de même les déclarations de bases comme acquises et vraies, et risquent de se fâcher si vous sous-entendez que leurs investigations ne peuvent commencer qu'en apportant d'abord la preuve d’un effet avéré, que s'il y a quelque-chose à étudier.


Finalement, il y a le grand groupe des "alternatifs", qui n'utilise que partiellement et superficiellement les connaissances homéopathiques et a recours à quelques médicaments homéopathiques parmi tout leur attirail d'autres méthodes et croyances alternatives. Ce groupe n'est pas reconnu officiellement comme homéopathes stricto sensu, mais ils sont tolérés à condition qu'ils ne dépassent pas les limites.


La communauté dans son entier a quelques sujets préférés qui les irrite profondément et qu'ils aiment répéter inlassablement. L'un d'eux concerne les vaccinations contre lequel les homéopathes font bloc (comme tous les adeptes des thérapies non orthodoxes du reste). Ceci est d'autant plus étonnant qu'Hahnemann était favorable aux vaccinations. Par contre, leur aversion aux antibiotiques se comprend plus facilement, s'il y a un produit de la médecine moderne qui ébranle les bases de l'homéopathie, ce sont bien les antibiotiques. Nous avons un médicament qui cible spécifiquement les causes et qui a un énorme succès. En conséquence, pour le critiquer et en minimiser la réussite, les homéopathes se focalisent sur les allergies et les problèmes de résistance, essayant de faire croire que les antibiotiques font autant de mal que de bien.


Enfin, en dehors de la communauté se situent les charlatans, reconnus comme tels par les homéopathes eux-mêmes. Ce sont ceux qui collent un label "homéopathie" sur tout, de la poudre de perlimpinpin aux appareils électroniques, dans le but d'augmenter leurs ventes.


Par contre, en tant que système de pensée, présentant un semblant de cohérence si on reste à l'intérieur, les partisans et utilisateurs de l'homéopathie sont souvent aussi séduits par d'autres thérapies alternatives ou "complémentaires". Système (et comportement) général où la croyance a aussi une grande part de responsabilité.



Conclusion


Si l'homéopathie avait raison, il serait nécessaire de réécrire de vastes pans de la physique et de la chimie actuelles afin d'y intégrer des éléments tels que la mémoire de l'eau ou la force vitale. Mais auparavant, et comme cela a déjà été dit, des déclarations extraordinaires demandent des preuves tout aussi extraordinaires. En d'autres termes, l'homéopathie est contredite par une quantité impressionnante d'éléments tangibles dans un vaste ensemble de disciplines, allant de la physique à la chimie, de l'anatomie à la pathologie. Éliminer ou faire l'impasse sur toute cette masse de connaissances, pour pouvoir effacer les contradictions permettant à l'homéopathie de s'exprimer, reviendrait à faire l'impasse sur ce qu'on sait de l'héliocentrisme pour ne pas contredire les écrits bibliques sur la platitude de la terre et le géocentrisme.


Il y a une claire discordance entre la présentation de l'homéopathie par Hahnemann et ses suiveurs, son fantastique et merveilleux système de guérison universel, et les faibles résultats observés dans le monde réel. Comment expliquer que les "vérités indubitables" d'Hahnemann et ses "lois de la nature" soient un tel fiasco dès lors qu'ils sont testés scientifiquement, avec un protocole rigoureux et des données statistiques fiables. L'homéopathie a près de 200 ans d'âge, et pendant qu'elle faisait du surplace, la médecine scientifique a évolué, apportant son lot de réponses, débarrassant la médecine des pratiques médiévales et de leurs présupposés magiques, faisant reculer l'ignorance en permettant à l'espérance de vie de doubler. Même si l'on peut reprocher à l'industrie pharmaceutique toute puissante de céder aux sirènes du commerce, les laboratoires homéopathiques ne font pas autre chose, et sont tout autant des machines à faire de l'argent, ni plus ni moins motivés par des considérations philanthropiques qui leur seraient transcendantes. Depuis 200 ans, alors que la recherche et la médecine ont répondu à de nombreuses questions, l'homéopathie est toujours aussi incapable de s'expliquer sur ses fondamentaux ou son absence de résultats tangibles, toujours embourbée dans la pensée magique de l'époque qui l'a vu naître.


Comment concilier de telles déclarations "universelles", avec le peu d'impact qu'elle a eu sur la santé en général dans le monde entier ces 2 derniers siècles ? Si on considère l'homéopathie en tant que système de croyance, tout devient plus clair. Les croyants restent accrochés à leurs croyances face à la plupart des preuves qui vont à leur encontre. Les études ou essais scientifiques seront évités, balayés ou expliqués afin d’entrer dans le système de pensée. Les récits anecdotiques proliféreront et seront valorisés.


Norbert Bensaïd, dans son livre Le sommeil de la raison pose clairement le problème de l'inertie de la doctrine homéopathique :


"Qu'on découvre l'existence des microbes ou des virus, le rôle de l'insuline dans le diabète, les hormones, les vitamines, les antibiotiques, la radiothérapie, les examens de laboratoire, la radiographie, le scanner, les endoscopies (on en finirait pas d'énumérer les moyens diagnostiques et thérapeutiques apparus depuis deux siècles), elle s'en moque. Cela ne la regarde pas. Sa théorie est intemporelle (...)
Les religions du Livre peuvent maintenir que la Genèse décrit avec exactitude la création du monde et se moquer des fariboles des savants qui inventent une apparition de la vie, des âges préhistoriques, des hominiens, et dieu sait quoi encore. (...) L'homéopathie regarderait-elle avec amusement, elle aussi, la médecine se battre avec des fausses vérités alors que la sienne est déjà là ? La recherche scientifique ne serait-elle qu'une préhistoire imaginaire de la médecine, une fiction devant aboutir nécessairement, un jour, à la vérité homéopathique ?

Indifférente dès le départ aux efforts de la science, l'homéopathie poursuit, imperturbable, sa route. Vérité immuable, les vérités de la médecine ne la concerne pas. Pour une médecine qui se dit scientifique et expérimentale, c'est plutôt surprenant."


Est-ce que la croyance en l'homéopathie est dangereuse à la santé ? Malheureusement oui, quand quelqu'un touché par une maladie grave renoncera à tout traitement sérieux, pour faire confiance dans ses petites pilules, et se rendre compte qu'il est trop tard. Ce problème n’est cependant pas spécifique à l’homéopathie, tous les traitements médicaux reposant sur la foi sont concernés. Normalement, les croyances populaires ne sont pas dangereuses pour ceux qui y adhèrent, mais lorsqu’ils leur font aveuglément confiance pour les substituer à la réalité du monde, les conséquences peuvent devenir potentiellement graves.Et pour faire réponse au Psychopathe qui nous pollue les commentaires car son fond de commerce est sans doute en danger, voici une analyse scientifique et qui n'est pas sponsorisée par un labo intéressé aux bénéfices de cette jolie escroquerie intellectuelle :


En 1790 un médecin allemand, Christian Friedrich Samuel Hahnemann, scandalisé par les pratiques médicales médiévales de ses contemporains, notamment les saignées, les diètes et vomitifs toxiques, se mit en tête de révolutionner la science médicale. Il écrivit plusieurs livres reposant sur ses propres expériences comme la Matière médicale, mais dont le plus connu est sans aucun doute l'Organon ou l'art de guérir (1810) dans lequel il évoque aussi les massages, le magnétisme animal, l'hydrothérapie, l'électrothérapie, et l'hygiène (mentale et sexuelle), tout en posant les fondements de ce qui deviendra la médecine homéopathique. Ses livres et ses enseignements forment toujours la base et la principale substance de l'homéopathie de nos jours. Partant d'une pratique clinique, Hahnemann construisit tout un système complet de prétendues lois naturelles (Hahnemann qualifiait ses théories de "lois de la nature") et mit au point une vaste pharmacopée de médicaments homéopathiques exposée dans un premier recueil Fragmenta de viribus medicamentorum en 1805.



Les principes


Le principe de base de l'homéopathie est la notion selon laquelle la santé et la maladie reposent sur le fonctionnement d'une "force vitale", la dynamis d'un Hahnemann alors porté sur les théories vitalistes, une énergie immatérielle présente dans tous les êtres vivants et responsable de tous leurs maux, de leur guérison et de l'efficacité des médicaments. Le fonctionnement de cette force vitale aurait un rapport direct avec la santé, car si cette force vitale venait à être perturbée, la maladie survient. La maladie est définie comme un ensemble unique et personnel de symptômes caractéristiques de chaque patient en particulier. L'homéopathie explique les causes de la maladie comme des agents perturbateurs de cette force vitale, et les différentes maladies sont regroupées en quelques catégories simples, présentant des profils de symptômes similaires. Hahnemann décourageait toute recherche de causes cachées intérieures, rejetant le matérialisme médical, et tout diagnostic des maladies.


La méthode diagnostique homéopathique est centrée autour de ce qui est appelé la "prise" du profil du patient. De façon idéale, ceci implique une investigation méticuleuse de l’environnement du patient, des conditions familiales, des antécédents, de la situation professionnelle et sociale, ainsi que tous les symptômes perçus par le patient et même par les personnes qui lui sont proches. Par symptômes, la pratique homéopathique se réfère à tout ce qui peut être perçu comme inhabituel.


Pour guérir, nous avons besoin de médicaments, comme l'homéopathie ne reconnaît que les symptômes interprétés comme des perturbations du bon fonctionnement de la force vitale, il s'ensuit logiquement que les médicaments sont eux-mêmes considérés comme des éléments pouvant entrer en conflit ou affecter cette force vitale, causant toutes sortes de symptômes. A partir de cette logique, Hahnemann divisa les médicaments en trois principaux groupes : antipathique, qui sont les médicaments causant des effets à l'opposé de ceux de la maladie (de anti=contre); homéopathique, qui sont les médicaments provoquant des effets identiques à ceux de la maladie (de homeo= identique) et enfin allopathique décrivant ceux ayant des effets qui ne sont ni identiques, ni opposés à ceux de la maladie (de allo=différent, autre)


En se basant sur une certaine pratique et sur sa logique, Hahnemann développa une théorie qu'il nomma "la loi de similitude". Selon cette théorie, un médicament causant des symptômes identiques à ceux de la maladie dépasseront la maladie, à tel point que la fonction morbide de la force vitale sera reportée sur le médicament, et non plus sur la maladie elle-même, comme les effets du médicament disparaîtront ensuite, le patient guérira. Ainsi, Hahnemann déclare que l'ensemble constituant les médicaments homéopathiques est le seul à pouvoir guérir réellement.


Afin de savoir quels étaient les symptômes que cause chaque substance, Hahnemann a recours à une approche purement empirique : il administre la substance à des personnes en bonne santé (dont lui-même) et en enregistre prudemment les effets. Ainsi, si une substance cause les symptômes de la migraine, c'est qu'elle doit être capable de soigner la migraine ! Cependant, ce n'est pas aussi simple, comme chaque maladie n'est pas seulement considérée comme un symptôme unique, mais comme un ensemble complet de symptômes considéré comme unique à chaque cas, l'effet d'une substance sur une personne en parfaite santé est rarement un symptôme unique et distinct, mais bien plutôt un ensemble de symptômes. Hahnemann enregistra tout ce que ses sujets sentaient pendant les essais comme étant la conséquence des prises de drogues, bien que les mesures pouvaient fort bien être faussées par le fait que les individus étaient susceptibles de sentir quelque chose n'ayant aucun rapport avec les substances avalées, mais dues à d'autres causes postérieures aux essais.


Les résultats de ses "recherches" ont été compilées dans un ouvrage intitulé la Matière Médicale, complété par la suite par ses disciples. Le traitement homéopathique est établi après que le profil des symptômes du patient soit évalué, puis vient ensuite la consultation de la Matière Médicale afin de trouver le médicament le plus approprié à l'ensemble de symptômes relevés, supposé être le médicament qui guérira chaque cas particulier.
Étonnamment, le médicament recherché sera celui correspondant au maximum de symptômes relevés chez le patient, comparés aux symptômes enregistrés pour la substance sélectionnée, mais ceux qui ont été relevés à propos de la substance choisie et qui ne correspondent pas au profil du patient sont ignorés. Pour expliquer cette lacune Hahnemann déclare que certains mécanismes sélectifs non explicités assurent que les bonnes propriétés du médicament sont activées. Ce tour de passe-passe est très pratique étant donné que la plupart des médicaments homéopathiques ont une liste de plusieurs symptômes, allant parfois jusqu'à plus de cent.


L'autre pierre angulaire de l'homéopathie est la potentialisation des médicaments. Certaines des substances de bases testées par Hahnemann sont toxiques et peuvent être causes d'effets au minimum déplaisants et au pire dangereux, voire se révéler être de véritables poisons. Manifestement, en dehors des tests plutôt risqués, il serait pour le moins expéditif d'ajouter aux souffrances de gens malades en leur donnant en plus des substances toxiques, surtout lorsqu'on sait que c'était exactement ce que Hahnemann reprochait à ses contemporains. Donc, il commença à diluer ses substances, utilisant une procédure spéciale de vigoureuses secousses qu'il nomma "succussion". Il mettait 1 mesure de substance brute dans une fiole et ajoutait 99 mesures de diluant (eau ou alcool) obtenant 1 Centésimale Hahnemannienne ou CH, après une bonne "succussion" l'opération est renouvelée en reprenant 1 mesure du mélange ainsi obtenu, pour de nouveau la diluer dans 99 mesures de diluant, opération répétée de nombreuses fois. Après n étapes, la dilution, ou puissance, résultante est appelée nCH. Des dilutions de 30CH, voire plus, sont fréquentes.
Certaines substances solides sont d'abord moulues pendant un long temps dans un mortier, parfois avec la dilution. Malheureusement pour Hahnemann, mais grâce aux avancées de la science, et surtout de la chimie, nous savons désormais qu'il y a un nombre limité de molécules dans toute substance, et que des dilutions supérieures à 12CH ne contiennent plus une seule molécule de substance originale. Néanmoins, Hahnemann s'arrangea pour enregistrer des symptômes présumés, causés non seulement par des versions diluées de substances déjà testées, mais aussi de substances qui n'avaient aucun effet même non diluées, comme par exemple le sable. Il conclut en disant que le processus de dilution purifiait et amplifiait en quelque sorte l'effet des substances, et il est vrai que pour les homéopathes, les plus hautes dilutions sont considérées comme étant les plus puissantes et les plus efficaces, allant complètement à l'encontre du savoir scientifique actuel, et surtout des connaissances en chimie.



Homéopathie et médecine conventionnelle


Les pratiques médicales à l'époque d'Hahnemann étaient donc en général assez déplorables. La compréhension des mécanismes, et des connexions, entre les micro-organismes et les maladies émergeait, mais la découverte de médicaments efficaces contre les maladies infectieuses ne se fera qu'au siècle suivant. Avec une utilisation des pratiques antiseptiques qui commençait à poindre, la chirurgie commençait tout juste à sauver davantage de vies qu'elle en éliminait, mais la pratique de tous les jours consistait surtout en des sangsues, saignées, lavements et différentes substances médicales médiévales qui nécessitaient d'avoir une santé de fer pour y survivre.


Hahnemann réagissait violemment contre ces pratiques, ses travaux sont emplis de cette rage contre les praticiens conventionnels qu'il qualifiait d' "allopathes". Les partisans de l'homéopathie moderne tendent à prendre le même chemin, ils perçoivent la médecine moderne comme mauvaise et dangereuse, contrairement à l'homéopathie qui est perçue comme la panacée, le remède idéal et de surcroît sans effets secondaires. On s'étonne même que ce poncif demeure en l'état de nos jours, car s'il existait et s'il était si facile de fabriquer des médicaments efficaces sans aucun effets secondaires, les grands laboratoires se seraient depuis longtemps jetés sur le filon, et les médecins les prescriraient en premier lieu.
Pour se parer d'habits savants, l'homéopathie est de nos jours une des seules pratique à encore manipuler avec tant d'ardeur le latin face au public. En effet, et cela contribue à ce que la placebothérapie soit plus performante, les noms des remèdes sont la plupart du temps restés en latin, dans le but d'en masquer la réalité à des patients non latinistes et pour qui le latin fait savant. Aussi s'émerveille-t-on de trouver au XXI° siècle dans la pharmacopée homéopathique des remèdes aux dénominations magiques telles que Pulex felis (puce de chat), Pediculus capitis (pou de tête), Mustela foetidia (glande anale de putois), Lumbricus terrestris (ver de terre), Periplaneta americana (blatte d'amérique) voire Saccharum lactis (le bon vieux lactose) qu'un marabout africain ne renierait pas.

Les bases scientifiques


Les dilutions : La principale critique que l'on peut faire de l'homéopathie vient du système des dilutions. Dans les préparations au-delà de 12CH il ne reste plus que du diluant, et même à des dilutions inférieures il est difficile de croire que le peu de molécules encore présentes aura un effet chimique. Les disciples de l'homéopathie ont une parade à ce doute plus que légitime, en arguant que le diluant transporte les effets de la substance originale, qu'il aurait une espèce de mémoire. Aucun mécanisme connu de la physique moderne n'est en mesure d'expliquer un tel phénomène, et aucune discipline scientifique au sein de la physique et de la chimie, n'a jamais été capable de faire la preuve d'un quelconque effet qui pourrait suggérer une eau (ou de l’alcool) ayant la mémoire de substances ayant été en son contact.


Pour ce qui concerne les médicaments homéopathiques, les déclarations sont claires : ces préparations auraient un effet distinct et perceptible lorsque prises par des personnes en parfaite santé. De ce fait, il doit être relativement facile de mesurer cet effet par des tests en double-aveugle contre placebo. En donnant à un groupe soit le médicament, soit un placebo, il devrait être possible de déduire de l'observation quel est le groupe ayant reçu le médicament homéopathique et lequel a eu le placebo. Un certain nombre de tests contre placebo ont été publiés, certains présentèrent un effet, mais d'autres aucun. Certaines études auraient même montré un effet supérieur au placebo. Généralement, ces tests ont, pour de multiples raisons, été conduites avec une méthodologie plus ou moins défectueuse, et les méta-analyses ont montré que plus la méthodologie était objective, plus les résultats étaient sans équivoques possibles, c'est-à-dire négatifs.



La Loi de similitude. : La "loi de similitude" est un peu plus complexe. Certaines maladies, qui ont des symptômes identiques, sont connues pour interagir entre elles, à tel point qu'une maladie peut en supplanter une autre. C'est ce que Hahnemann avait observé et c'est ce qui le poussa à développer sa théorie. Cependant, ces exemples peuvent être expliqués par différents effets. L'immunité acquise contre un micro-organisme peut tout à fait s'activer contre un autre apparenté (vaccine/variole), la réaction générale du corps peut être efficace contre plusieurs maladies (comme la fièvre par ex.), et l'attention peut ne se focaliser que sur un seul point (un faible symptôme qui n'a pas été remarqué, noyé par la présence d'un plus puissant). Hahnemann a listé un certain nombre d'autres exemples supposés soutenir la loi de similitude, mais ils sont pour la plupart très peu convaincants. Par exemple, il avait noté que l’éclat du soleil supprimait la lumière d'une lampe, non seulement nous savons ce qui se passe (et sans doute qu'Hahnemann le savait aussi), mais même si la lumière de la lampe n'est pas visible, elle continue de chauffer, et n'est pas éteinte par le rayonnement solaire pour autant. En tout cas, la science moderne n'a jamais trouvé d'indices indiquant l'existence d'une loi de similitude en tant que loi universelle et immuable.


L'homéopathie considère la maladie différemment de la médecine scientifique. La médecine se focalise généralement sur la recherche de la cause de la maladie, cette cause sera le but visé par le traitement, même si le symptôme exact peut varier d'un individu à un autre. Par contre, l'homéopathie considère chaque cas comme un ensemble unique de symptômes nécessitant un choix de médication particulier. Ainsi, deux patients avec la même maladie peuvent se voir prescrire différents médicaments par des homéopathes, qui auront diagnostiqué deux maladies différentes. Ce qui rend les tests plus compliqués à réaliser.


L'homéopathie affirme l'existence d'une force vitale ou d'un principe vital. Cette force vitale est, paraît-il, ce qui fait la différence entre une chose animée et une chose inanimée (bien qu'Hahnemann ne la considérait pas comme une âme), et est supposée être le régulateur supérieur de la santé. A l'époque d'Hahnemann, la connaissance limitée du fonctionnement du corps humain laissait de grands espaces vides permettant de conjecturer l'existence d'une telle force, mais comme nous avons depuis énormément progressé, grâce à la recherche, dans notre connaissance du fonctionnement interne des organismes vivants, nous savons que cette force vitale n'a aucune existence objective dans le monde physique. S'il avait vécu jusque là, Hahnemann aurait vu sa définition de la force vitale disparaître.



Pourquoi les gens croient que ça marche ?


L'homéopathie est une des thérapies alternatives les plus répandues, comptant des milliers de praticiens et des millions d'adeptes, d'abord attirés par le côté "économique" de la formule, encore que rapporté au prix de revient des médicaments (contenant du rien) le prix de vente reste exorbitant. Quels sont les arguments en faveur de l'homéopathie ? Pourquoi les praticiens et leurs patients y croient-ils en dépit de l'absence de bases scientifiques. ?


En premier lieu, l'homéopathie se donne des airs de science, avec ses livres de règles, de procédures complexes, son jargon. En second lieu, la méthode d'écoute du patient, enregistrant méticuleusement chaque symptôme vécu, des tas de détails de la vie du patient rendent les praticiens très sympathiques et très importants au yeux des patients qui se sentent beaucoup mieux après de telles confessions, davantage écoutés. Qui ne voudrait pas que son médecin généraliste prenne le temps de l'écouter un peu plus ? Ainsi, la prise en compte d'un cas particulier résultera obligatoirement par des conseils de bon sens utiles pour le patient (essayez d'être moins stressé, faites plus d'exercice, vous devriez vraiment perdre du poids, etc), voire des truismes.



Les témoignages.


Comme toute doctrine médicale, de la médecine moderne aux sorciers-guérisseurs, l'homéopathie peut produire ses histoires de guérisons, souvent des cas désespérés qui auraient été guéris miraculeusement par la pratique. Comme preuve de l'efficacité de la pratique, ces comptes-rendus anecdotiques sont très utiles, mais on ne peut s'empêcher de penser que tant d'histoires de succès, qui ne peuvent pas tous être des mensonges, font la preuve qu'il y a quelque-chose. Mais, le doute est permis quand seuls ces témoignages forment l'ensemble des preuves de la thérapie, Isabelle Strengers, dans Médecins et sorciers , définit à juste titre le charlatan comme "celui qui revendique ses guérisons pour preuves". C'est exactement ce qui se passe dans le cas de l'homéopathie (comme dans toutes les thérapies parallèles du reste), les témoignages, le nombre d'utilisateurs sont mis en avant pour parer aux reproches face à l'absence de recherches et d'études, ils servent d'arguments d'autorité et les vendeurs ou praticiens savent jongler avec.


Malgré tout, face à un témoignage, un certain nombre de points importants doivent rester à l'esprit : toute histoire peut n'être qu'une fiction, étant donné que l'homéopathie n'a pas recours à une méthode diagnostique éprouvée, un cas décelé de cancer peut ne pas être du tout un cancer. De nombreuses maladies bénignes ou chroniques disparaissent d'elles-mêmes avec le temps, sans qu'il soit besoin de médication. Le fait que certains patients aillent mieux après avoir pris une pilule homéopathique ne signifie pas que ce soit la pilule ingurgitée qui en soit la cause, même si l'effet placebo est puissant. Les patients consultent parfois aussi plusieurs praticiens, y compris leur propre médecin en même temps. N'oublions pas également que les anecdotes sont toujours sélectionnées par le praticien, parmi de nombreuses autres, et que jamais ils ne rapportent prudemment et soigneusement tous les cas rencontrés.



Les erreurs dues à l'observation


L'esprit humain est construit de façon à interpréter les stimuli en fonction de l'expérience et de ses attentes. Quand vous entendez un roulement sourd venant de l'extérieur, vous pouvez pensez que c'est de l'orage. S'il pleut, vous serez prêt à parier votre dernier kopek que c'est bien l'orage, mais si vous aviez enquêté, vous auriez peut-être découvert que c'est un gars dehors qui fait rouler un tonneau vide sur la route. Toute observation reste vulnérable aux biais inhérents à l'observation, et c'est sur ce terrain que l'homéopathie prospère. Dans l'Organon, Hahnemann décrit comment tester un médicament : "Pendant toute la durée de l'expérience, le régime doit être strictement régulé, il doit être exempt d'épices autant que faire se peut, nutritif et simple, les légumes verts, les racines et toutes sortes de salades, de soupes aux plantes (qui, même quand elles sont préparées soigneusement, possèdent des qualités médicinales) doivent être évités." En outre : "Il doit s'évertuer à faire une observation soigneuse de soi-même et ne doit pas être dérangé pendant cette période" Et : "Si les effets résultant de la dose administrée sont trop faibles, un peu plus de gouttes peuvent être prises quotidiennement, jusqu'à ce qu'ils deviennent plus sensibles et plus forts, afin que les modifications sur la santé soient plus apparentes"






Ainsi, vous prenez des gens "sensibles et irritables", les mettez dans des conditions propres aux tests, leur demandez de rapporter et noter tout ce qu'ils sentent et leur donnez des doses croissantes jusqu'à ce qu'ils sentent quelque-chose. Avec tous ces éléments en main, quelle est la probabilité qu'ils ne rapportent aucun symptôme ?
Mais ça ne s'arrête pas là. Après que les comptes-rendus aient été collectés, les chercheurs les étudient et décident lesquels sont assez intéressants pour avoir le privilège de composer la Matière Médicale.
Lorsqu'il traite un patient, le praticien homéopathe "étudie" son profil, puis prescrit des médicaments. Si ça ne marche pas, il "réétudie" le profil (parfois seulement en réévaluant ce qu'il avait fait précédemment), prescrit une nouvelle médication, et ainsi de suite. Beaucoup de cas étudiés peuvent ainsi compter jusqu'à 4 ou 5 médicaments différents, pendant une période s'étalant sur plusieurs mois, voire des années. Et quand le patient dit finalement qu'il se sent mieux, on considère le "traitement" comme efficace !


Autre exemple d'erreur que celle des homéopathes, interprétant les observations en trouvant des rapports causals là où il n'y en a pas. Par exemple, si certains effets apparaissent et semblent ressembler à ceux qui sont attendus du médicament, il est attribué au produit, même s'il apparaît longtemps après son administration. De même que les effets désagréables sont toujours attribués aux pratiques "allopathiques", comme les vaccinations, même des années plus tard. Pour résumer, tout ce qui est bon ou bien est attribué à l'homéopathie et tout ce qui est mauvais vient de la méchante "allopathie".



L'homéopathie comme système de croyance


Malgré l'absence de bases scientifiques fiables de l'homéopathie, il y a tout de même un certain nombre d'adhérents qui affirment que "ça marche", dès lors, il devient intéressant de faire une comparaison entre l'homéopathie et tout système de croyance classique, même si celle-ci ne restera qu'un exercice intellectuel, il peut réserver quelques surprises. En schématisant grossièrement ce qui compose un système de croyance, il est tout de même possible d'en lister ces principaux éléments :
Des écrits saints ou sacrés : les travaux d'Hahnemann remplissent parfaitement cette fonction, constamment utilisés comme référence et considérés comme Vérité Ultime (bien que certains reconnaissent qu'ils contiennent des erreurs).
Un prophète ou gourou : pas besoin d'aller bien loin, Hahnemann tient bien le rôle.
Des rituels : la préparation des médications est en soi un vrai rituel.
Des miracles : étant donné qu'il n'existe aucune explication physique/matérielle, i.e. rationnelle du fonctionnement des médicaments, leur "pouvoir curatif" ne peut être considéré que comme un miracle.
Des légendes : les anecdotes, témoignages, dont certains sont très anciens, font office.
Des dogmes : les notions de "profil", de "terrain", de similitude, de succussion (voire la mémoire de l'eau). S'il est possible de discuter d'un tas de choses avec des homéopathes ou les partisans de l'homéopathie, certains essayeront de trouver des justifications ou explications scientifiques à leur pratique et à la théorie, mais très peu, si ce n'est aucun, ne sera envahit d'un sentiment de doute à son sujet.
Une communion dans la foi : lors de discussions avec les homéopathes, vous noterez souvent comment qu'ils se soutiennent les uns les autres, et évitent toute discussion interne malgré des différences manifestes.


La communauté : A cause de sa solidarité et de son système fermé, presque sectaire, la communauté homéopathique semble plutôt homogène lorsque regardée superficiellement, mais elle est en fait relativement hétéroclite. D'aucuns prennent l'appellation d'"hahnemanniens" et adhèrent strictement aux écritures, les travaux d'Hahnemann. Ce sont ceux qui, habituellement, sont les plus opposés à la médecine, la considérant parfois à l'égale du mal absolu, ignorant ou dénonçant chaque découverte faite par la science biomédicale moderne.


Au milieu sont ce qu'on peu appeler les "révisionnistes", ils font reposer leurs idées sur Hahnemann, mais le considèrent plus comme un précurseur que comme un prophète. Ils étudient d'autres méthodes, et seront souvent plus ouverts face à certains points de la médecine orthodoxe. Dans ce groupe, beaucoup se débarrassent des minutieux et encombrants rituels.


Enfin il y a la "secte" des rationalistes. Ils veulent trouver des explications rationnelles aux théories homéopathiques, en théorisant au sujet des dilutions ou la mémoire de l’eau, glosant sur la piézoélectricité et la luminescence. Ils conservent tout de même les déclarations de bases comme acquises et vraies, et risquent de se fâcher si vous sous-entendez que leurs investigations ne peuvent commencer qu'en apportant d'abord la preuve d’un effet avéré, que s'il y a quelque-chose à étudier.


Finalement, il y a le grand groupe des "alternatifs", qui n'utilise que partiellement et superficiellement les connaissances homéopathiques et a recours à quelques médicaments homéopathiques parmi tout leur attirail d'autres méthodes et croyances alternatives. Ce groupe n'est pas reconnu officiellement comme homéopathes stricto sensu, mais ils sont tolérés à condition qu'ils ne dépassent pas les limites.


La communauté dans son entier a quelques sujets préférés qui les irrite profondément et qu'ils aiment répéter inlassablement. L'un d'eux concerne les vaccinations contre lequel les homéopathes font bloc (comme tous les adeptes des thérapies non orthodoxes du reste). Ceci est d'autant plus étonnant qu'Hahnemann était favorable aux vaccinations. Par contre, leur aversion aux antibiotiques se comprend plus facilement, s'il y a un produit de la médecine moderne qui ébranle les bases de l'homéopathie, ce sont bien les antibiotiques. Nous avons un médicament qui cible spécifiquement les causes et qui a un énorme succès. En conséquence, pour le critiquer et en minimiser la réussite, les homéopathes se focalisent sur les allergies et les problèmes de résistance, essayant de faire croire que les antibiotiques font autant de mal que de bien.


Enfin, en dehors de la communauté se situent les charlatans, reconnus comme tels par les homéopathes eux-mêmes. Ce sont ceux qui collent un label "homéopathie" sur tout, de la poudre de perlimpinpin aux appareils électroniques, dans le but d'augmenter leurs ventes.


Par contre, en tant que système de pensée, présentant un semblant de cohérence si on reste à l'intérieur, les partisans et utilisateurs de l'homéopathie sont souvent aussi séduits par d'autres thérapies alternatives ou "complémentaires". Système (et comportement) général où la croyance a aussi une grande part de responsabilité.



Conclusion


Si l'homéopathie avait raison, il serait nécessaire de réécrire de vastes pans de la physique et de la chimie actuelles afin d'y intégrer des éléments tels que la mémoire de l'eau ou la force vitale. Mais auparavant, et comme cela a déjà été dit, des déclarations extraordinaires demandent des preuves tout aussi extraordinaires. En d'autres termes, l'homéopathie est contredite par une quantité impressionnante d'éléments tangibles dans un vaste ensemble de disciplines, allant de la physique à la chimie, de l'anatomie à la pathologie. Éliminer ou faire l'impasse sur toute cette masse de connaissances, pour pouvoir effacer les contradictions permettant à l'homéopathie de s'exprimer, reviendrait à faire l'impasse sur ce qu'on sait de l'héliocentrisme pour ne pas contredire les écrits bibliques sur la platitude de la terre et le géocentrisme.


Il y a une claire discordance entre la présentation de l'homéopathie par Hahnemann et ses suiveurs, son fantastique et merveilleux système de guérison universel, et les faibles résultats observés dans le monde réel. Comment expliquer que les "vérités indubitables" d'Hahnemann et ses "lois de la nature" soient un tel fiasco dès lors qu'ils sont testés scientifiquement, avec un protocole rigoureux et des données statistiques fiables. L'homéopathie a près de 200 ans d'âge, et pendant qu'elle faisait du surplace, la médecine scientifique a évolué, apportant son lot de réponses, débarrassant la médecine des pratiques médiévales et de leurs présupposés magiques, faisant reculer l'ignorance en permettant à l'espérance de vie de doubler. Même si l'on peut reprocher à l'industrie pharmaceutique toute puissante de céder aux sirènes du commerce, les laboratoires homéopathiques ne font pas autre chose, et sont tout autant des machines à faire de l'argent, ni plus ni moins motivés par des considérations philanthropiques qui leur seraient transcendantes. Depuis 200 ans, alors que la recherche et la médecine ont répondu à de nombreuses questions, l'homéopathie est toujours aussi incapable de s'expliquer sur ses fondamentaux ou son absence de résultats tangibles, toujours embourbée dans la pensée magique de l'époque qui l'a vu naître.


Comment concilier de telles déclarations "universelles", avec le peu d'impact qu'elle a eu sur la santé en général dans le monde entier ces 2 derniers siècles ? Si on considère l'homéopathie en tant que système de croyance, tout devient plus clair. Les croyants restent accrochés à leurs croyances face à la plupart des preuves qui vont à leur encontre. Les études ou essais scientifiques seront évités, balayés ou expliqués afin d’entrer dans le système de pensée. Les récits anecdotiques proliféreront et seront valorisés.


Norbert Bensaïd, dans son livre Le sommeil de la raison pose clairement le problème de l'inertie de la doctrine homéopathique :


"Qu'on découvre l'existence des microbes ou des virus, le rôle de l'insuline dans le diabète, les hormones, les vitamines, les antibiotiques, la radiothérapie, les examens de laboratoire, la radiographie, le scanner, les endoscopies (on en finirait pas d'énumérer les moyens diagnostiques et thérapeutiques apparus depuis deux siècles), elle s'en moque. Cela ne la regarde pas. Sa théorie est intemporelle (...)
Les religions du Livre peuvent maintenir que la Genèse décrit avec exactitude la création du monde et se moquer des fariboles des savants qui inventent une apparition de la vie, des âges préhistoriques, des hominiens, et dieu sait quoi encore. (...) L'homéopathie regarderait-elle avec amusement, elle aussi, la médecine se battre avec des fausses vérités alors que la sienne est déjà là ? La recherche scientifique ne serait-elle qu'une préhistoire imaginaire de la médecine, une fiction devant aboutir nécessairement, un jour, à la vérité homéopathique ?

Indifférente dès le départ aux efforts de la science, l'homéopathie poursuit, imperturbable, sa route. Vérité immuable, les vérités de la médecine ne la concerne pas. Pour une médecine qui se dit scientifique et expérimentale, c'est plutôt surprenant."


Est-ce que la croyance en l'homéopathie est dangereuse à la santé ? Malheureusement oui, quand quelqu'un touché par une maladie grave renoncera à tout traitement sérieux, pour faire confiance dans ses petites pilules, et se rendre compte qu'il est trop tard. Ce problème n’est cependant pas spécifique à l’homéopathie, tous les traitements médicaux reposant sur la foi sont concernés. Normalement, les croyances populaires ne sont pas dangereuses pour ceux qui y adhèrent, mais lorsqu’ils leur font aveuglément confiance pour les substituer à la réalité du monde, les conséquences peuvent devenir potentiellement graves.Et pour faire réponse au Psychopathe qui nous pollue les commentaires car son fond de commerce est sans doute en danger, voici une analyse scientifique et qui n'est pas sponsorisée par un labo intéressé aux bénéfices de cette jolie e

Piglou 04/01/2008 11:50

Les médicaments homéopatiques sont un peu plus efficace que les placebos. De plus, il faut faire des études en fac de médecine.

Mais pour en revenir au sujet, c'est vrai qu'on court à la catastrophe avec notre président agité et inefficace, encore moins qu'un placebo.

Décroissance 04/01/2008 02:08

Il est certes scandaleux que les industries médicale et pharmaceutique soient aux mains du privé, mais de là à prendre la défense de l'homéopathie, n'exagérons rien JDac.
Les "médicaments" homéopathiques sont des placebos.

Court Forrest !

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