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7 août 2005 7 07 /08 /août /2005 00:00

Le mode d'emploi de Nicolas Sarkozy : 1ère partie

 

 

Craint, adulé, inquiétant, trouble, populiste et populaire. Une ascension construite par le verbe et par l’acte.

54 % des Français veulent lui voir jouer un rôle important. Président ? Sarkozy occupe le terrain et impose son programme ultralibéral. Décryptage.

Par Rémi Douat

En 1995, après une trahison retentissante et mal encaissée, Jacques Chirac préconisait de se servir de Nicolas Sarkozy « comme paillasson ». Bosseur et omniprésent, tacticien et fin connaisseur de tambouille politique, le paria est, dix ans plus tard, le poids lourd de la vie politique française. 54 % des Français veulent lui « voir jouer un rôle important au cours des mois et années à venir ». Jacques Chirac entend barrer la route de l’étoile montante, notamment en le nommant ministre de l’Economie, fonction explosive où il est difficile de briller.

Puis lui a imposé de choisir entre le gouvernement et la tête de l’UMP. La guerre est ouverte et cela paraît bien lui convenir, lui qui n’a pas de meilleur moteur que la revanche. Dans son camp, Sarkozy est craint et adulé. Tour à tour interventionniste et libéral, permissif et autoritaire, il égare, soulevant par exemple les foudres des plus libéraux. A gauche, il inquiète. Des voix tomberont dans son escarcelle. Il sème le trouble, prend à contre-pied… pour ne servir qu’un camp, le sien.

Quelle est la recette d’une telle popularité ? D’abord, il use et abuse de la communication et d’aucuns assurent qu’il est « bon », même si certains observateurs qui le connaissent de près pondèrent le jugement. « Il a un talent de communication mais j’ai du mal à me l’expliquer, avance Anita Hausser, responsable du service politique de LCI. Il ne se renouvelle absolument pas et ses ficelles sont énormes. » L’expression est simple, on sait que l’homme n’aime pas les intellectuels et le leur fait savoir : « A vouloir expliquer l’inexplicable, on excuse l’inexcusable. » Une petite phrase, même dénuée de sens, fait l’effet brutal d’une formule frappée au coin du bon sens. Etre dans l’acte et non seulement dans le verbe, voilà son leitmotiv. Il s’exprime avec humour, ce qui conquiert l’assistance et affiche du mépris pour les intellos, ce qui le rapproche de cette « France d’en bas » chère à Raffarin. Ainsi pour parler du traitement par les socialistes de la « violence urbaine », il raconte dans un meeting que, quand les bus sont caillassés, les socialistes se réunissent avec des sociologues pour se demander « pourquoi les bus ? ». Mimiques, postures et gestuelles ponctuent son discours. On passe du rictus carnassier au sourire de gendre idéal. Les mains, quant à elles, possèdent une large palette d’expressions. Elles délimitent et tracent des espaces. Puis tranchent fermement.

Bon père de famille

« S’il est aussi apprécié dans notre pays, outre ses résulats en matière de lutte contre la délinquance, c’est plus sur sa méthode que sur le fond de ce qu’il propose, pose en préalable Stéphane Rozès, directeur de CSA et maître de conférences à Science Po Paris. Il a une grande capacité à repérer et dire ses problèmes puis à appliquer son choix dans les alternatives possibles. La plupart de ses collègues, de gauche et de droite, ont tendance à mettre en avant la contrainte et le peu de marge de manœuvre dont ils disposent. » Le principe, c’est de toujours laisser penser qu’une alternative est possible, quitte à briser certains tabous. La police souffre d’un manque de reconnaissance ? Alors ministre de l’Intérieur, il décide d’instaurer les « primes de résultats exceptionnels » dans la police nationale. Ceux qui pensent que les fonctionnaires doivent avancer à la récompense applaudissent. Aujourd’hui, alors que s’applique la première prime, le cafouillage est total et la levée de boucliers unanime dans les syndicats de policiers. Seulement, les caméras ont disparues, l’effet d’annonce s’est ajouté au crédit de Sarkozy et il ne sera a priori jamais débiteur du couac. Peu importe si son diagnostic a été trop rapide et l’alternative proposée en toc… Il a pu montrer qu’il savait trancher, c’est bien suffisant. Même principe envers le justiciable. La politique de criminalisation de la pauvreté doublée de petits arrangements avec les chiffres de la délinquance ont pu occulter à court terme les effets dévastateurs qu’ils ne manqueront pas d’avoir à long terme. Parfois, même quand les dégâts sont immédiatement perceptibles, c’est encore sa détermination qui émerge. Les prostitué-e-s ont été repoussés dans les bois, les bordels informels ou les réseaux internet… Bref, vers l’invisible, aggravant leurs conditions de vie. Même principe pour le camp de réfugiés de Sangatte. Super-Sarko, devant les caméras et à bord d’un hélicoptère, a pris le problème à bras le corps. Aujourd’hui, loin des médias, ces candidats à l’immigration errent dans les rues de Calais. Idem à Bercy, où, dans son intention de gérer le pays en « bon père de famille », il annonce l’éventualité de vendre une partie du stock d’or de la Banque de France ! C’est simple, concret et photogénique. Et coupe court à tout débat. « Cette posture correspond à une attente des Français, poursuit Stéphane Rozès. Le fondement de la crise du politique, au-delà du clivage gauche/droite, réside dans la perception des dirigeants, ressentis comme esquivant le souhaitable au nom du possible. Ainsi leur action apparaît uniquement comme une gestion, niant à leurs yeux la politique, la citoyenneté et même le vote. »

Etranger dans son pays

Nicolas Sarkozy entend renouveler le rapport à la politique. Où puise-t-il son inspiration ? La piste nord-américaine semble donner des éléments de réponse. Engagé dans un chemin rompant avec le gaullisme, cet atlantiste conduit sa com’comme un yankee en campagne. Il mange des pizzas, emmène sa petite famille en week-end à Disneyland et n’hésite pas à faire du jogging affublé d’un tee-shirt Mickey. Cécilia, omniprésente, elle aussi, joue à merveille son rôle de potentielle première dame. Outre-Atlantique, la presse l’aime déjà. « Le futur leader du parti de la majorité “centre droit” (sic) est l’homme politique français le plus américain que le pays ai jamais vu » se réjouit le Washington Times qui le pare de toutes les vertus et voit en lui un espoir de décrispation des relations avec les Etats-Unis. « Son attrait pour la culture populaire pourra séduire le jeune public », complète la journaliste américaine. Son credo, nager à contre courant. « J’ai beaucoup de respect pour Tom Cruise parce que je suis cinéphile », expliquait-il en marge de sa rencontre avec l’acteur américain. Et comme il aime la musique, Sarkozy évoque fréquemment sa passion pour Hallyday, Sardou et Barbevilien.

Lors de sa dernière visite aux Etats-Unis, il s’exprimait devant les étudiants de l’université de Columbia. « Le rêve des familles françaises, c’est que leurs enfants puissent aller dans les universités américaines. Quand nous allons au cinéma, c’est pour voir des films américains. Quand nous ouvrons nos radios, c’est pour écouter de la musique américaine. Quand nos enfants apprennent une langue, c’est l’anglais (…) Nous aimons les Etats-Unis », rapportait l’AFP. « Et si vous deveniez président ? », interrogent les étudiants. En substance, il donnerait plus de place au « mérite ». A cet égard Sarkozy se déclare sans détour comme « un étranger dans son propre pays ». « Moi, je n’étais pas destiné à avoir les belles places. Il a fallu aller les chercher », conclut Nicolas « fighter » Sarkozy. Il joue là en terre américaine un registre qui lui a beaucoup servi en France, notamment pour la justification de sa posture sécuritaire, place Beauvau. Qu’on ne lui parle pas de déterminisme social pour expliquer la délinquance puisqu’il est lui-même issu de l’immigration désargentée ! Un des rôles préférés de Cosette Sarkozy, fils du pauvre immigré hongrois. C’est vrai, la jeunesse ne fut pas facile. Maman était avocate, grand-père chirurgien et l’appartement du 17e arrondissement n’avait, avant le déménagement à Neuilly, que cinq pièces. Normal dans de telles conditions que les études n’aient pu être à la hauteur. Non seulement il redouble sa sixième mais en plus il ne fait pas l’ENA. Quoi qu’il en soit, même si la détresse de la famille Sarkozy était toute relative, le terme de revanche reste souvent attaché à son propos. Mérite et ascension sont pour lui les valeurs suprêmes... (A Suivre)

Rémi Douat - Regards 

 

Sarkostique le sarkozy blog officiel satirique

 

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Ecrit par Sarkophage avec Sarkostique anti sarkozy - dans Biographie de Sarkozy
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commentaires

pps 28/12/2007 15:57

"Quand nos enfants apprennent une langue, c’est l’anglais" Nicolas Sartkozy

C'est encore lui qui divague.
Mais s'il est besoin de se convaincre de sa nullité, pourriez-vous m'expliquer que quelqu'un de si attaché aux USA, n'a même pas pu parler leur langue? une vraie énigme pour quelqu'un qui a fait le lycée,la fac, qui a dû séjourner souvent aux USA! Donc c'est un nul incapable de capter autre chose que son nombril.

Deuxième faiblesse : qui peut me dire quand est-ce qu'il a vu le nain avec un ordinateur portable ou de bureau ? en avion ou au bureau?

Qui peut me dire quand est-ce qu'il a vu ce parasite, derrière son bureau en train de rédiger "ses" livres "ses" discours etc...En supposant qu'il en est capable ( ce dont je doute catégoriquement) peut-il rester 5 mn sans trépigner, sans faire des tics et de sautiller d'une pensée à une autre sans jamais se concentrer sur une seule? Il commence à peine à s'immobiliser quand il salue les drapeaux lors de ses nombreuse et inutiles visites.

C'est une idée courante maintenant que le président ait un nègre. Idée que je ne partage absolument pas. Un président digne de ce nom doit être capables de produire ses discours les plus importants et même d'improviser ses discours en fonction. On a tous vu ce dont il est capable lors de ses interviews avec PPDA et Arlette Chabot.

Le grand Charles sortait des paroles géniales et historiques et je l'ai vu rarement avec une feuille écrite à la main pour discourir.

Désolé, mais je crois que ceux qui ont voté n'ont pas encore réalisé l'ampleur de leur gaffe. Ils ont encore 4 ans pour se rendre compte. Le pire est devant eux!
Et ce ne sont pas là des paroles en l'air...je ne suis surpris de rien, tout ce que fait Nicolas correspond à ce qu'il est capable de faire : semer du vent, dilapider l'argent public et parasiter la France. Attendre autre chose de cet adulte immature est de la naïveté pure et dure.

pps 28/12/2007 15:30

Depuis le premier jour où j'ai vu Sarko à la télé, le rejet était immédiat, instantané. Tout me choquait de la pointe des cheveux jusqu'aux orteils.
le problème de Sarko c'est qu'on lui donne trop, trop, trop d'impotance qu'il n'en a.
c'est un champion en magouille. Point.

Mon problème à moi, c'est de le faire comprendre à ceux là même qui lui donne cette importance démesurée. Juré craché je ne le vois même pas chef d'un bureau administratif, rien absolument rien qui puisse m'impressionner venant de lui.

J'ai écrit à Chirac sur son site à deux reprises entre parenthèse cela n'a servi à rien si ce n'est à compliquer le problème exposé davantage.
Mais il ne me viendra jamais à l'esprit d'écrire à ce président que tout mon être rejette.

C'est pour ça d'ailleurs que mêmes les pêcheurs qui l'ont vu en chair et en os l'ont traité d'enculé sans hésitation. A bon entendeur salut!

Tocororo 06/09/2005 09:55

"Le rêve des familles françaises, c’est que leurs enfants puissent aller dans les universités américaines(…) Nous aimons les Etats-Unis ".
Mais bien sûr !

Je ne suis pas Française si je me fie à ses propos...

Je rêve que nos enfants puissent aller faire leurs études de médecine à La Havane. J'aime Cuba.

-> Quoi ? Quelle infamie ! Mais vous n'y pensez pas !

Rêvez US, votez Sarko !

boulebill 08/08/2005 06:29

Excellent ! ! continue ce super blog ! ! !

abadidon 07/08/2005 11:13

Il y a eu un reportage sur Canal+ qui illustrait exactement les propos de ton article. Même les journaleux qui ont la dent dure ont confié avoir été bluffés par le phénomène Sarko !

Court Forrest !

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