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Au pays de Bush, les commentateurs politiques s'amusent beaucoup d'un personnage qui nous fait aussi beaucoup rire : Nicolas Sarkozy de
Nagy Bocsa.
Il faut dire qu'avec la réélection de Bush ils ont pu apprendre dans toutes largeurs ce qu'est un incompétent aux commandes d'une
grande puissance. L'économie américaine ne s'en remettra d'ailleurs peut-être jamais (et nous avec !)
Le New York Times, journal américain qui fait référence, dit tout haut ce qu'une grande partie de la presse française n'ose même pas dire tout bas. Quand on sait par exemple que Paris Match a refusé la proposition de Cécilia de couvrir le mariage avec Richard Attias, on mesure à quel point la presse est indépendante et courageuse dans notre beau pays.
Morceaux choisis de la diatribre adressée au roi du Bling Bling décomplexé :
Le New York Times, journal américain qui fait référence, dit tout haut ce qu'une grande partie de la presse française n'ose même pas dire tout bas. Quand on sait par exemple que Paris Match a refusé la proposition de Cécilia de couvrir le mariage avec Richard Attias, on mesure à quel point la presse est indépendante et courageuse dans notre beau pays.
Morceaux choisis de la diatribre adressée au roi du Bling Bling décomplexé :
Le New York Times recommande samedi un peu plus de "discipline" dans la conduite des affaires au président français Nicolas Sarkozy dans un
éditorial intitulé "Président Bling-Bling".
Evoquant comme un "camouflet" pour le président le résultat des récentes élections municipales et cantonales françaises, l'influent quotidien estime que "M. Sarkozy a été puni pour toutes les bouffonneries médiatisées et peu présidentielles qui lui ont valu le sobriquet de "président Bling-Bling".
Merci à
DoubleD
"Pour un homme politique qui a travaillé si longtemps et si dur pour arriver à l'Elysée, M. Sarkozy a démontré de curieuses notions sur comment se conduire une fois dans la place", ajoute le journal.
"Son divorce tumultueux et son remariage presque immédiat à une chanteuse- mannequin glamour ont été quelques unes des initiatives les plus sensationnelles qui ont valu à Sarkozy la couverture de 252 magazines en 2007", indique l'éditorial.
Merci à Christian
Le New York Times rappelle également comme des preuves "de mauvais jugement" sa décision de "mettre fin abruptement" à une interview avec la chaîne américaine CBS, de "qualifier son porte-parole d'imbécile" ou "sa remarque grossière à un type refusant de lui serrer la main".
"Ces potins sensationnels ont été assortis de messages confus du gouvernement de M. Sarkozy, le président et ses conseillers souvent parlant et agissant en porte-à-faux avec les ministres", écrit le quotidien.
Merci à Marc
"Avec de la chance, poursuit le New York Times, le camouflet des élections sera juste ce dont M. Sarkozy a besoin pour concentrer à nouveau son énergie illimitée sur ce qu'il a promis: de sérieuses réformes économiques".
Merci à
Jul - Charlie Hebdo
M. Sarkozy "est de loin trop bouillonnant pour devenir un clone de ses pompeux et graves prédécesseurs mais lorsque la conduite d'un homme politique interfère avec sa mission, il est temps d'appliquer une dose de discipline", conclut l'éditorial.

Evoquant comme un "camouflet" pour le président le résultat des récentes élections municipales et cantonales françaises, l'influent quotidien estime que "M. Sarkozy a été puni pour toutes les bouffonneries médiatisées et peu présidentielles qui lui ont valu le sobriquet de "président Bling-Bling".
Merci à
DoubleD"Pour un homme politique qui a travaillé si longtemps et si dur pour arriver à l'Elysée, M. Sarkozy a démontré de curieuses notions sur comment se conduire une fois dans la place", ajoute le journal.
"Son divorce tumultueux et son remariage presque immédiat à une chanteuse- mannequin glamour ont été quelques unes des initiatives les plus sensationnelles qui ont valu à Sarkozy la couverture de 252 magazines en 2007", indique l'éditorial.
Merci à ChristianLe New York Times rappelle également comme des preuves "de mauvais jugement" sa décision de "mettre fin abruptement" à une interview avec la chaîne américaine CBS, de "qualifier son porte-parole d'imbécile" ou "sa remarque grossière à un type refusant de lui serrer la main".
"Ces potins sensationnels ont été assortis de messages confus du gouvernement de M. Sarkozy, le président et ses conseillers souvent parlant et agissant en porte-à-faux avec les ministres", écrit le quotidien.
Merci à Marc"Avec de la chance, poursuit le New York Times, le camouflet des élections sera juste ce dont M. Sarkozy a besoin pour concentrer à nouveau son énergie illimitée sur ce qu'il a promis: de sérieuses réformes économiques".
Merci à
Jul - Charlie HebdoM. Sarkozy "est de loin trop bouillonnant pour devenir un clone de ses pompeux et graves prédécesseurs mais lorsque la conduite d'un homme politique interfère avec sa mission, il est temps d'appliquer une dose de discipline", conclut l'éditorial.

Merci à Charb - Charlie Hebdo
Commentaires
@ Babache
Merci pour ton dessin sauf que ton peintre a oublié de barrer en rouge le E final.
@ DoubleD
No Rolex peut-être mais No Sex c'est quasiment impossible, elle ne pense qu'à ça même la poupée de Sarko en "exerçant" sa fonction de première dame de France. Lire dans le canard enchaîné de cette semaine (page 2 "Sexy Carla" ce qu'elle a chuchoté à l'oreille du Président Shimon Péres.
C'est dire combien la France est mal barrée ...
Merci pour ton dessin sauf que ton peintre a oublié de barrer en rouge le E final.
@ DoubleD
No Rolex peut-être mais No Sex c'est quasiment impossible, elle ne pense qu'à ça même la poupée de Sarko en "exerçant" sa fonction de première dame de France. Lire dans le canard enchaîné de cette semaine (page 2 "Sexy Carla" ce qu'elle a chuchoté à l'oreille du Président Shimon Péres.
C'est dire combien la France est mal barrée ...
commentaire n° : 2 posté par : pps (site web) le: 22/03/2008 23:58:24
Bonsoir à tous sauf aux néocons
trop drôle le dessin de Jul
Nicolas Sarkozy le président bling bling qui s'auto détruit au bout d'un an, plus de cartouches dans son programme par le vide des portes monnaies ...
trop drôle le dessin de Jul
Nicolas Sarkozy le président bling bling qui s'auto détruit au bout d'un an, plus de cartouches dans son programme par le vide des portes monnaies ...
commentaire n° : 3 posté par : pomponette le: 23/03/2008 00:03:35
Il n'y a qu'un homme de la même trempe qui peut contrôler et faire râler sans crainte son adversaire dusse-t-il être président de la république.
Cécilia et Richard Attias ont décidé de se marier en grande pompe à New york.
Pour avoir tous les détails sans lire le revues people voici un lien riche d'informations sur l'évènement et montrer que ceux qui sont riches élus ou pas ont d'autres occupations que nos soucis de misère !
http://www.linternaute.com/femmes/people/amour/dossier/mariage-cecilia-sarkozy-richard-attias/index1.shtml
Je vous suggère de tout lire et de lire surtout entre les lignes.
Cécilia ne manque
Cécilia et Richard Attias ont décidé de se marier en grande pompe à New york.
Pour avoir tous les détails sans lire le revues people voici un lien riche d'informations sur l'évènement et montrer que ceux qui sont riches élus ou pas ont d'autres occupations que nos soucis de misère !
http://www.linternaute.com/femmes/people/amour/dossier/mariage-cecilia-sarkozy-richard-attias/index1.shtml
Je vous suggère de tout lire et de lire surtout entre les lignes.
Cécilia ne manque
commentaire n° : 4 posté par : pps (site web) le: 23/03/2008 00:30:03
Ce qui est surtout risible c'est que de notoriété publique le NY Times est un journal ancré à gauche... Par contre je trouve ça un peu facile de dézinguer alors que ce journal faisait de la lèche "à un président qui bouge enfin" il y a encore pas si longtemps...
commentaire n° : 5 posté par : -_- le: 23/03/2008 00:30:38
@ -_-
Le NY Times à gauche ?
Rappelons tout de même qu'aux US les Républicains sont ce que Le Pen est à la droite française et les Démocrates ce que Sarko est à la droite française...
Alors le NY Times "de gauche"... même en France la gauche n'existe plus et encore elle reste plus à gauche qu'au US...
Le NY Times à gauche ?
Rappelons tout de même qu'aux US les Républicains sont ce que Le Pen est à la droite française et les Démocrates ce que Sarko est à la droite française...
Alors le NY Times "de gauche"... même en France la gauche n'existe plus et encore elle reste plus à gauche qu'au US...
commentaire n° : 6 posté par : Resistance2012 (site web) le: 23/03/2008 01:48:15
j'avais déjà lu sur un blog l'édito du NYT, mais agrémenté par les dessins c'est un pur régal, merci encore de nous faire rire (enfin il faut bien se raccrocher à quelque chose) de cet innommable personnage, c'est l'adjectif employé par DEKLERC vendredi soir dans ESPRIT LIBRE............bravo et continuez !!!! au fait coucou le KGBNICOLASMAPLACELA
commentaire n° : 7 posté par : nanou (site web) le: 23/03/2008 13:54:21
Ça y est, la grande commémoration du quarantenaire est lancée ! Voici maintenant qu'on nous le chante. C'est mieux, mais franchement, au jour d'aujourd'hui, je n'y trouve pas vraiment encore mon content. Rien qui ne me rappelle le formidable déluge d'émotions que je ressentis alors. Rien qui ne rende l'intensité de ces jours brûlants. Bon allez, je me lance, j'essaie…
Avril 1968. L'immense majorité de la population ignore encore la déflagration qui va secouer son existence. J'ai (presque) dix-huit ans. Le conservatisme étriqué des générations précédentes nous tient sous muselière. Dans le lycée parisien mixte (chose encore très rare à l'époque) où je prépare mon bac, les garçons sont fréquemment renvoyés chez eux mettre la cravate qui leur fait défaut. Les filles qui ont eu l'insolence de se maquiller sont invitées à se nettoyer à l'eau froide dans les toilettes de l'établissement. Les pantalons leur sont permis... à condition qu'une jupe ou une robe les recouvrent ! Les cartables sont fouillés, à la recherche de quelques ouvrages aussi subversifs ou licencieux que ceux de Boris Vian. La pilule contraceptive, "autorisée" depuis un an, n'est encore qu'un vœu pieux pour les teenagers que nous sommes. Baiser n'est pas une sinécure...
Quelques jours plus tard, tout ceci a implosé. Le proviseur qui nous tenait sous sa coulpe autoritaire, a disparu du jour au lendemain avec ses sbires. Nous ne le reverrons plus. Nous dansons à plus soif nos carmagnoles libératoires. Mai 68, c'est l'histoire d'une chrysalide qui se déchire, d'un barrage qui se rompt et libère ses flots. Torrents de mots, débordements de rires et d'enthousiasmes. Cela ne va sans doute pas sans dégâts ou excès. Mais c'est le prix de la liberté, le risque à courir.
L'évènement surprit son monde, à commencer par ses propres acteurs, sidérés de se retrouver pris dans ce vertige. Pourtant, tous les prémisses étaient là en germe, bien présents. L'hystérie Beatles, la fureur Rolling Stones, les prophéties de Bob Dylan, et jusqu'à notre gentille vague yéyé qui, pour puérile qu'elle puisse paraître, était déjà une tentative d'émancipation par la fête.
Durant tout ce mois de mai, j'élus résidence à la cafétéria enfumée du CHU St Antoine Paris 12e, avec les étudiants, et surtout les étudiantes en médecine, juste en face la boulangerie de mes parents. Des artistes sortis de nul part illuminaient notre quotidien en repeignant à leur façon les piliers du bâtiment. Les jours, les nuits ne laissaient guère place au sommeil. La nuit, nous montions tout en haut sur la terrasse, sous les étoiles, enivrés par notre propre audace. Nous parlions à n'en plus finir. Les corps sentaient enfin la peau et les petits matins autorisés.
Le jour, nous rejoignions les trottoirs. Ceux-ci étaient de véritables volcans de discussions, avec des assemblées on ne peut plus hétéroclites. Des puits de fusion ahurissants rassemblant toutes les classes sociales. Un vaste forum fiévreux où le maître-mot était le "vivre ensemble". Les détracteurs de Mai 68 clament que ces déferlements "utopiques" étaient l'expression de l'individualisme petit-bourgeois induit pas la société de consommation. C'était l'inverse et rien de cela ne relevait de la chimère romanesque. "Qui a vécu Mai 68 et n'est pas de mauvaise foi sait depuis qu'un autre monde est possible," écrit Christine Delphy, sociologue, féministe et participante active à ces journées folles.
Mon père, homme simple et bon mais certainement pas suspect de progressisme échevelé, n'avait pas de mots assez durs pour qualifier ce qu'il appelait nos "déballages". Pourtant, c'était bien lui qui, chaque jour, alimentait gratuitement en baguettes croustillantes les "émeutier(e)s" de la cafétéria du CHU.
Nous ne manquions pas non plus de nous rendre dans les manifestations. Celle-ci tenaient plus de l'insurrection festive que du mouvement organisé. J'ai encore souvenir de ce grand échalas maigre en improbable toge antique, casque à plume et lance d'opérette (accessoires "empruntés" sans doute au théâtre de l'Odéon alors occupé) surgissant derrière un escadron de forces de l'ordre en hurlant : "Rendez-vous, vous êtes cernés !" Les pavés que nous lancions contre les CRS-SS, étaient surtout dirigés contre l'ordre moral étouffant que ceux-ci représentaient. Les fesses des filles (ou des garçons, c'est selon) qui nous accompagnaient, avaient au moins autant d'importance que les slogans que nous hurlions.
La grande erreur est de considérer Mai 68 sous le seul angle politique ou syndical. La logorrhée marxisto-libertaire un peu pesante dont nous abusions, tenait plus du langage spontané de reconnaissance entre nous que d'un discours révolutionnaire structuré.
Débordées, dépassées, les partis traditionnels de gauche, communiste, socialiste, furent incapables d'assurer un relais politique à ce déchaînement existentiel. Tout aussi incapables, heureusement, de le récupérer à leur profit. Quant aux fameux "gauchistes" et autres prédicateurs "maos" (parmi lesquels Bernard-Henri Lévy, Pascal Bruckner, André Gluksmann, Philippe Sollers ...), ils venaient nous délivrer leur doctrine sur un ton si glaçant de commissaires politiques que nous préférions nous tenir à distance.
Fidèle à ses habitudes, la société du spectacle médiatique essaya d'imposer les meneurs qui lui seyaient : je me souviens, Jacques Sauvageot, Alain Geismar, Serge July et les "maoïstes" sus-cités. Ceux-là étaient déjà de tous les plateaux officiels, mais absents de nos discussions et de nos préoccupations à nous. Passé l'orage et le coup d'arrêt des législatives de juin 68, les médias eurent beau jeu de dénoncer l'échec politique du mouvement. Ils crurent même bon de pousser plus loin l'imposture en pointant les dérives bourgeoises de ceux qu'ils avaient eux-mêmes proclamés leaders. Lesquels s'auto-torpillèrent allègrement pour rester sous les projecteurs des plateaux. Ils y sont encore à pontifier.
Non, Mai 68 ne fut ni un mouvement politique, ni un mouvement de revendications syndicales, mais un état d'esprit, une émancipation aux conséquences durables (les conquêtes féministes d'alors en sont un exemple). Le fait qu'un Président de la République, quarante années plus tard, se sente encore obligé d'annoncer dans ses priorités qu'il veut "rompre réellement avec l'esprit, avec les comportements, avec les idées de Mai 68", montre à quel point ceux-ci sont encore prégnants dans le corps social.
La question qui revient, récurrente, et aussi très agaçante, est de savoir si de tels évènements peuvent se reproduire. Je pense pour ma part que nous ne reverrons pas plus de nouveau Mai 68 qu'il n'y aura de nouvelle Révolution française 89 ou de nouveau Front populaire 36.
Daniel Cohn-Bendit, qui ne fut pas un leader, mais une figure emblématique du mouvement (les médias d'alors se gardaient bien de l'inviter, lui), a tort de déclarer que le fond de la révolte n'existe plus." Tous les ingrédients d'une glaciation conservatrice sont à nouveau en place pour déboucher un jour sur une explosion brutale de libération. Celle-ci aura simplement son caractère à elle, ses spécificités propres, son langage codé, son appellation contrôlée avec laquelle ses acteurs ne manqueront pas, à leur tour, d'exaspérer leurs progénitures.
Je n'évoque ici ces souvenirs que pour illustrer une ambiance, une atmosphère ; pour corriger aussi, à ma façon, ce que je pense être des erreurs d'interprétation obligeamment amplifiées par les médias et les analystes assis. Ce qui m'intéresse dans les évènements de Mai 68, ce ne sont pas les anecdotes ou les faits héroïques du passé, mais les traces persistantes qui en restent aujourd'hui.
Je ne pleure pas une nostalgie. Je ne rêve pas non plus d’un nouveau Mai 68. Je voudrais juste en réanimer l'esprit de liberté, m'en imprégner dans mon comportement de chaque instant, en communiquer la petite flamme à chaque moment, tout de suite, sans jamais rien lâcher.
Mais tout de même, dans le bourbier où nous sommes aujourd'hui, avouez qu'on se laisserait bien tenter par un petit Mai 08, non ?
À suivre : CHANTONS MAI 08 hé hé !
Avril 1968. L'immense majorité de la population ignore encore la déflagration qui va secouer son existence. J'ai (presque) dix-huit ans. Le conservatisme étriqué des générations précédentes nous tient sous muselière. Dans le lycée parisien mixte (chose encore très rare à l'époque) où je prépare mon bac, les garçons sont fréquemment renvoyés chez eux mettre la cravate qui leur fait défaut. Les filles qui ont eu l'insolence de se maquiller sont invitées à se nettoyer à l'eau froide dans les toilettes de l'établissement. Les pantalons leur sont permis... à condition qu'une jupe ou une robe les recouvrent ! Les cartables sont fouillés, à la recherche de quelques ouvrages aussi subversifs ou licencieux que ceux de Boris Vian. La pilule contraceptive, "autorisée" depuis un an, n'est encore qu'un vœu pieux pour les teenagers que nous sommes. Baiser n'est pas une sinécure...
Quelques jours plus tard, tout ceci a implosé. Le proviseur qui nous tenait sous sa coulpe autoritaire, a disparu du jour au lendemain avec ses sbires. Nous ne le reverrons plus. Nous dansons à plus soif nos carmagnoles libératoires. Mai 68, c'est l'histoire d'une chrysalide qui se déchire, d'un barrage qui se rompt et libère ses flots. Torrents de mots, débordements de rires et d'enthousiasmes. Cela ne va sans doute pas sans dégâts ou excès. Mais c'est le prix de la liberté, le risque à courir.
L'évènement surprit son monde, à commencer par ses propres acteurs, sidérés de se retrouver pris dans ce vertige. Pourtant, tous les prémisses étaient là en germe, bien présents. L'hystérie Beatles, la fureur Rolling Stones, les prophéties de Bob Dylan, et jusqu'à notre gentille vague yéyé qui, pour puérile qu'elle puisse paraître, était déjà une tentative d'émancipation par la fête.
Durant tout ce mois de mai, j'élus résidence à la cafétéria enfumée du CHU St Antoine Paris 12e, avec les étudiants, et surtout les étudiantes en médecine, juste en face la boulangerie de mes parents. Des artistes sortis de nul part illuminaient notre quotidien en repeignant à leur façon les piliers du bâtiment. Les jours, les nuits ne laissaient guère place au sommeil. La nuit, nous montions tout en haut sur la terrasse, sous les étoiles, enivrés par notre propre audace. Nous parlions à n'en plus finir. Les corps sentaient enfin la peau et les petits matins autorisés.
Le jour, nous rejoignions les trottoirs. Ceux-ci étaient de véritables volcans de discussions, avec des assemblées on ne peut plus hétéroclites. Des puits de fusion ahurissants rassemblant toutes les classes sociales. Un vaste forum fiévreux où le maître-mot était le "vivre ensemble". Les détracteurs de Mai 68 clament que ces déferlements "utopiques" étaient l'expression de l'individualisme petit-bourgeois induit pas la société de consommation. C'était l'inverse et rien de cela ne relevait de la chimère romanesque. "Qui a vécu Mai 68 et n'est pas de mauvaise foi sait depuis qu'un autre monde est possible," écrit Christine Delphy, sociologue, féministe et participante active à ces journées folles.
Mon père, homme simple et bon mais certainement pas suspect de progressisme échevelé, n'avait pas de mots assez durs pour qualifier ce qu'il appelait nos "déballages". Pourtant, c'était bien lui qui, chaque jour, alimentait gratuitement en baguettes croustillantes les "émeutier(e)s" de la cafétéria du CHU.
Nous ne manquions pas non plus de nous rendre dans les manifestations. Celle-ci tenaient plus de l'insurrection festive que du mouvement organisé. J'ai encore souvenir de ce grand échalas maigre en improbable toge antique, casque à plume et lance d'opérette (accessoires "empruntés" sans doute au théâtre de l'Odéon alors occupé) surgissant derrière un escadron de forces de l'ordre en hurlant : "Rendez-vous, vous êtes cernés !" Les pavés que nous lancions contre les CRS-SS, étaient surtout dirigés contre l'ordre moral étouffant que ceux-ci représentaient. Les fesses des filles (ou des garçons, c'est selon) qui nous accompagnaient, avaient au moins autant d'importance que les slogans que nous hurlions.
La grande erreur est de considérer Mai 68 sous le seul angle politique ou syndical. La logorrhée marxisto-libertaire un peu pesante dont nous abusions, tenait plus du langage spontané de reconnaissance entre nous que d'un discours révolutionnaire structuré.
Débordées, dépassées, les partis traditionnels de gauche, communiste, socialiste, furent incapables d'assurer un relais politique à ce déchaînement existentiel. Tout aussi incapables, heureusement, de le récupérer à leur profit. Quant aux fameux "gauchistes" et autres prédicateurs "maos" (parmi lesquels Bernard-Henri Lévy, Pascal Bruckner, André Gluksmann, Philippe Sollers ...), ils venaient nous délivrer leur doctrine sur un ton si glaçant de commissaires politiques que nous préférions nous tenir à distance.
Fidèle à ses habitudes, la société du spectacle médiatique essaya d'imposer les meneurs qui lui seyaient : je me souviens, Jacques Sauvageot, Alain Geismar, Serge July et les "maoïstes" sus-cités. Ceux-là étaient déjà de tous les plateaux officiels, mais absents de nos discussions et de nos préoccupations à nous. Passé l'orage et le coup d'arrêt des législatives de juin 68, les médias eurent beau jeu de dénoncer l'échec politique du mouvement. Ils crurent même bon de pousser plus loin l'imposture en pointant les dérives bourgeoises de ceux qu'ils avaient eux-mêmes proclamés leaders. Lesquels s'auto-torpillèrent allègrement pour rester sous les projecteurs des plateaux. Ils y sont encore à pontifier.
Non, Mai 68 ne fut ni un mouvement politique, ni un mouvement de revendications syndicales, mais un état d'esprit, une émancipation aux conséquences durables (les conquêtes féministes d'alors en sont un exemple). Le fait qu'un Président de la République, quarante années plus tard, se sente encore obligé d'annoncer dans ses priorités qu'il veut "rompre réellement avec l'esprit, avec les comportements, avec les idées de Mai 68", montre à quel point ceux-ci sont encore prégnants dans le corps social.
La question qui revient, récurrente, et aussi très agaçante, est de savoir si de tels évènements peuvent se reproduire. Je pense pour ma part que nous ne reverrons pas plus de nouveau Mai 68 qu'il n'y aura de nouvelle Révolution française 89 ou de nouveau Front populaire 36.
Daniel Cohn-Bendit, qui ne fut pas un leader, mais une figure emblématique du mouvement (les médias d'alors se gardaient bien de l'inviter, lui), a tort de déclarer que le fond de la révolte n'existe plus." Tous les ingrédients d'une glaciation conservatrice sont à nouveau en place pour déboucher un jour sur une explosion brutale de libération. Celle-ci aura simplement son caractère à elle, ses spécificités propres, son langage codé, son appellation contrôlée avec laquelle ses acteurs ne manqueront pas, à leur tour, d'exaspérer leurs progénitures.
Je n'évoque ici ces souvenirs que pour illustrer une ambiance, une atmosphère ; pour corriger aussi, à ma façon, ce que je pense être des erreurs d'interprétation obligeamment amplifiées par les médias et les analystes assis. Ce qui m'intéresse dans les évènements de Mai 68, ce ne sont pas les anecdotes ou les faits héroïques du passé, mais les traces persistantes qui en restent aujourd'hui.
Je ne pleure pas une nostalgie. Je ne rêve pas non plus d’un nouveau Mai 68. Je voudrais juste en réanimer l'esprit de liberté, m'en imprégner dans mon comportement de chaque instant, en communiquer la petite flamme à chaque moment, tout de suite, sans jamais rien lâcher.
Mais tout de même, dans le bourbier où nous sommes aujourd'hui, avouez qu'on se laisserait bien tenter par un petit Mai 08, non ?
À suivre : CHANTONS MAI 08 hé hé !
commentaire n° : 8 posté par : Dr. X le: 23/03/2008 14:32:02
le Monde entier se marre et se moque de lui, et pendant ce temps le France est au plus bas de toute son histoire, le nabot doit donner sa démission pour inconpétence !!!
commentaire n° : 9 posté par : olive (site web) le: 23/03/2008 17:12:56
Relis bien tu verras que mon post était ironique.
commentaire n° : 10 posté par : -_- le: 23/03/2008 19:20:26
Bon je recommence relis bien mon post résistance : c'est de l'ironie.
commentaire n° : 11 posté par : -_- le: 23/03/2008 19:22:22
Je ne vois pas comment contacter Sarkophage, mais il est indispensable de partager avec la communauté sarkostique cette magnifique analogie dénichée au hasard du net:
http://i47.servimg.com/u/f47/11/77/98/03/sarko-10.jpg
Ou, la ressemblance entre la vie de sarkozy et les films d'animation. En l'occurence, Shrek.
http://i47.servimg.com/u/f47/11/77/98/03/sarko-10.jpg
Ou, la ressemblance entre la vie de sarkozy et les films d'animation. En l'occurence, Shrek.
commentaire n° : 12 posté par : Pepper_H le: 23/03/2008 20:14:54
Sale gaucho de meeerde !
commentaire n° : 13 posté par : Anonyme le: 26/03/2008 14:48:52
qu'il est grand sarkozy,il y'a meme quelqu'un qui m'a dit qu'il mesurait deux metres,serait ce possible alors
commentaire n° : 14 posté par : jeffpodevin le: 27/03/2008 16:04:39
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